Blagues et humour en poésie 3ème partie

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ÇA CHANGE

Je m’en vais vous conter une bien triste histoire,
Celle de ce fermier qui labourait son champ
Depuis bien des années, du matin au couchant.
Ce fut un homme heureux, musclé comme une armoire.

Le monsieur, cependant, dont le faible pour boire
Agaçait sa moitié, critiquant son penchant,
Conduisit celle-ci, puisque lui s’en fichant,
A le quitter un jour, fermeté péremptoire.

Il en fut affecté, restant seul au logis…
N’étant plus secondé, résultat du conflit,
Il vendit le domaine et s’installa en ville.

Il devint vitrier. A ses amis il dit :
- « Avant, avec Agnès, je labourais, habile ;
À présent je "mastique", et ça c’est inédit ! »


ANDRÉ

 
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UN REMPLAÇANT POUR LE COQ ?

Un automobiliste entre très éprouvé
Dans une vieille ferme et dit au paysan :
- "Je suis désolé de ce qui est arrivé,
Car je viens d'écraser votre coq, ce faisant.

Permettez-moi de bien vouloir le remplacer."
- "Si vous voulez", dit le fermier sans pinaillage ;
"C'est facile à trouver : il vous faut traverser,
Les poules sont au fond, derrière le grillage".

ANDRÉ
 
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LE VIEUX MONSIEUR

En maison de repos un journaliste arrive,
Rencontre un vieux monsieur de quatre-vingt-seize ans.
D’emblée il l’interroge, et lui dit complaisant :
« Alors mon brave ami, quel secret pour qu’on vive

Telle longévité ? Une existence active ? »
Le pépé tout heureux, soudain sympathisant,
Ne se fait pas prier, avoue d’un ton plaisant :
- « Ma vie est bien réglée et jamais abusive :

Dès six heures au matin, c’est l’heure du pipi ;
Puis, à sept heures pile, encore un peu flapi,
Je fais caca aussi, c’est devenu la règle ».

Le reporter troublé le questionne alors :
« Ha bon ? Et puis après ? » Et l’autre un peu espiègle :
- « Ensuite je me lève, et fais un tour dehors ! »

ANDRÉ

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EXCELLENTE NOUVELLE

Un médecin reçoit une très belle femme,
Un peu désemparée, et du genre agité…
« D’où vous vient cet état ? » dit-il avec bonté ;
« Problème conjugal… ? J’écoute chère dame. »

- « Eh bien voilà docteur, ma conduite est infâme ;
Quand dans la rue je marche et passe à mon côté
Un homme séduisant, au regard culotté,
Je ressens un désir qui obsède mon âme

De lui faire l’amour… je vous en prie, docteur,
Soyez franc avec moi » - dit-elle avec candeur :
« Cela a-t-il un nom ? Et comment ça s’appelle ? - »

« Bien sûr mademoiselle », avoue le médecin,
« Ceci se nomme aussi excellente nouvelle ! »,
Répond-il dégrafant sa ceinture à dessein.

ANDRÉ

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POUR VIVRE HEUREUX…

Dans un village Corse, au sud de Bocognano,
Le tout jeune Doumé demande à son grand-père :
« Dis, Pépé, toi tu sais sûrement comment faire
Pour toujours être heureux, vivre comme un jeunot ? »

Toussaint est jovial, son verre de Pernod
Sur la table, à côté, qui lui sert de repaire.
À quatre vingt dix ans, le papy exemplaire,
Répond au petit-fils qui l’écoute, penaud.

« Fiston ! », s’exclame-t-il, la voix un peu tremblante,
Convaincant, néanmoins, pour répondre à l’attente :
« Il faut, pour être heureux, la santé, le travail ».

- « Et tu as eu tout çà, toi Pépé, dans ta vie ? » –
« Moi, la santé est bonne et cela fait un bail,
Car Mémé très active en besogne a servie ! »

ANDRÉ

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LA PRIÈRE

Le soir, à la sortie d’un cours de catéchisme,
Monsieur le curé croise Urbain dans le couloir ;
Il s’approche de lui, regard chargé d’espoir :
- « Alors mon cher petit », dit-il plein d’optimisme,

« Ta maman, il paraît, avec grand stoïcisme,
Avant de s’endormir, dit pour toi, chaque soir,
Une belle prière ; aussi puis-je savoir
Quels sont ces mots d’amour, pleins de foi et d’altruisme ? »

« Oh ! monsieur le curé, chaque fois c’est pareil,
Maman incessamment, juste avant son sommeil,
Répète mille fois la même litanie :

- Ouf ! grand merci mon Dieu, il est enfin au lit ! »
Le curé soudain pris d’une étrange aphonie,
Balbutie : « Ah ! Seigneur », prenant un air contrit.

ANDRÉ

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LA GRENADE

L’histoire se situe tout près d’un trou (normand).
Un père et puis son fils bêchent au potager,
Lorsque soudain l’outil du gamin performant,
Heurte un objet très dur qu’il vient de dégager.

– « Nom de Dieu ! » dit le père au comble de la peur,
« Mais c’est une grenade : elle est dégoupillée ! »
Il arrache l’engin des mains de son mineur,
Et le balance au loin au fond de la feuillée,

Tout près du vieux waters à moitié délabré.
Juste un moment après, sortant dans la fumée,
Grand-mère titubant, le visage empourpré,
S’écrie : « Ben cré vin diou ! » (complètement paumée),

« Jamais un de mes pets n’a fait tant de dégât,
J’aurais pu le lâcher au salon celui-là ! »

ANDRÉ

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LE BÈGUE ET LE BOSSU

Un bègue et un bossu vont chez le photographe.
– Hé ! fais attention de ne pas bégayer,
Sans quoi notre photo sera floue, hein ? pas de blague !
– Et toi tu tu ferais bien de dé dé d’essayer
De rentrer ta bo bosse au ma ma maximum,
Sinon on ne pourra plus fer fermer l’album !

ANDRÉ

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DANS LE BUS

Dans le bus deux messieurs sont assis côte à côte,
Quand, soudain, l’un émet un beau rot bien bruyant.
Quinze secondes après, l’autre, pour l’anecdote,
Lâche un pet magistral du genre foudroyant.
Et, sans se démonter, il lance, maestro :
« Le même, cher monsieur, celui-là vu de dos ! »

ANDRÉ

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LES SARDINES ET LES PETITS POIS

Une dame âgée de près de quatre vingts ans,
Arrive au Tribunal pour vol à l’étalage.
Le juge l’interroge et dit à ses dépens :
Qu’avez-vous dérobé, madame, au rayonnage ?

– Pas grand-chose, monsieur, des sardines à l’huile.
Pouvez-vous expliquer les raisons de ce vol ?
– Parce que j’avais faim, c’est pas plus difficile ;
Un vigile m’a vu, et j’ai manqué de bol.

Oui, je vois, dit le juge, on va faire le point :
Pourriez-vous m’indiquer le nombre de sardines
Comptées dans la boite, à une ou deux près au moins ?
– Six, votre Honneur, je m’en suis léché les babines !

Je vous condamne donc à six jours de prison,
Annonce le juge en prononçant la sentence…
Mais le mari se lève et dit non sans raison :
– Elle a aussi volé, maintenant que j’y pense,
Un lot de petits pois encore à la maison.

ANDRÉ

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LEADER D’UN JOUR

C’est un bien triste jour pour le monde cycliste,
L’un de leurs est passé de la vie à trépas.
Suivant le corbillard, toute la foule est triste
Tant chacun des coureurs trouvait le gars sympa.

Le directeur sportif, ainsi que le soigneur
Prennent part au cortège, et l’un des deux murmure :
– Ah ! le pauvre garçon c’est vraiment un malheur,
Pour une fois qu’il est en tête il n’en a cure…

Oui, et en plus, répond l’autre, ajoutant éprouvé :
C’est une performance après avoir crevé !

ANDRÉ

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SOUS LA DOUCHE

Trois belges, après le match, profitent d’une douche,
Quand l’un d’eux crie soudain, encore ébouriffé :
– Passez-moi le shampoing pour que je le débouche.
Mais Niels, tu en as un au-dessus du buffet !
– Je sais, mais celui-là est pour les cheveux secs,
Et les miens sont mouillés… je sais lire, les mecs !

ANDRÉ

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LES POULETS

- « Allo, commissariat ? » ; Oui monsieur, on écoute ».
- « Voilà, j’ai écrasé deux poulets sur la route ».
- « Rien de grave monsieur, c’est la fatalité ;
Jetez-les simplement sur votre bas-côté ».
- « Bien, je vous remercie… encore une p’tite chose ? »
Et l’interlocuteur déclare ipso-facto :
- « Venons-en au concret, je fais quoi des motos ? »

ANDRÉ

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CREVAISON

Un bonhomme ennuyé va chez son garagiste :
- « Pourriez-vous réparer ma roue rapidement ? »
- « C’est faisable », dit-il à l’automobiliste,
Mais comment avez-vous fait pour crever violemment ? »

- « Une ignoble bouteille… et j’ai roulé dessus ;
Je n’ai pu l’éviter, et je me le reproche…
- « Vous ne l’aviez pas vue ? » Et l’autre dit confus :
- « Ben non, puisque le gars la tenait dans sa poche ».

ANDRÉ

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LES CACAHUETES

Un jeune garçon rend visite à sa grand’mère ;
Il est en compagnie de son meilleur copain.
Comme le petit fils parle à l’octogénaire,
L’autre n’arrête pas, en parfait galopin,

De taper dans le bol plein de cacahuètes…
Au moment de partir, le collègue gavé
Remercie la grand-mère : « Elles étaient parfaites,
Aussi, vous voyez, je ne m’en suis pas privé ».

- « Vous avez eu raison, vous savez, à mon âge »,
Lui dit-elle aussitôt, avec un brin d’humour,
« Je ne peux plus croquer, cela est bien dommage ;
Je ne peux que sucer le chocolat autour. »

ANDRÉ
 
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 LE CHASSEUR

 C’était selon le terme un oiseau vraiment rare,
Et gai comme un pinson, doté des yeux de lynx ;
Par un froid de canard, toujours sans crier gare,
A pas de loup, au bois, il chassait tel un sphinx. 

En hiver il n’avait jamais la chair de poule,
Car pour se réchauffer courait comme un lapin ;
Fine mouche il était, le prenant à la coule,
Aussi doux qu’un agneau, mais assez turlupin. 

Il ne filait jamais deux lièvres à la fois,
Ni ne prenait la mouche à la taquinerie ;
Mémoire d’éléphant il évoquait parfois
Sautant du cop à l’âne une cocasserie. 

En Nemrod avisé, muet comme une carpe,
Il gardait bien secret ses terrains de gibier,
Pas du genre pigeon, même aux sons d’une harpe,
Pour se laisser séduire et se faire piéger. 

Heureux, après l’affût, il sifflait comme un merle ;
Chouette s’en allait, besace bien garnie,
Et tel un coq en patte au plaisir qui déferle,
Venait faire « coucou » dès sa chasse finie. 

Paisible il ne montait point sur ses grands chevaux,
Sauf s’il avait affaire à langue de vipère,
Et pour clouer le bec aux médisants rivaux
Qui dans la vacherie y trouvaient sa colère.

ANDRÉ

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J’AI PLANCHÉ SANS FLANCHER...

Poème phonique humoristique

J’ai planché sans flancher, aguiché, alléché
Pour quelque débouché tiré à l’arrachée ;
Pas du genre embouché j’ai été embauché,
Dépêché, détaché à la place cherchée.

Je m’y suis accroché, je m’y suis attaché ;
Ce fut un bon marché, et la mine affichée
Depuis je n’ai caché, sans cesse rabâché,
Qu’enfin j’ai décroché une place branchée.

On ne peut pas gâcher ce qu’on a démarché.
Sans avoir trébuché, réussite empochée
Et n’ayant rien lâché, me voilà bien scotché,
Pas fâché d’avoir eu la tâche dénichée.

 

ANDRÉ

barre-andre.pngVISITE AU MUSÉE

Une histoire authentique, au demeurant fort drôle,
Ayant le Musée d'Art contemporain pour lieu,
M'a été rapportée, et sans que j'extrapole,
Je vous la livre ici : bien burlesque, pardieu !

Une dame s'approche et regarde un tableau
Qui, vraisemblablement, ne lui dit pas grand chose ;
Une œuvre avant-gardiste à gros coups de pinceau,
Pour elle trop abstraite et tout sauf grandiose.

Alors la visiteuse interpelle un gardien :
- "C'est ce genre d'horreur qu'on appelle art moderne ?"
Et l'employé répond sur un ton olympien :
- "Non ! ça c'est un miroir dont l'image vous berne".

ANDRÉ

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MINE DE RIEN

Poème humoristique en hommage à Raymond DEVOS, autodidacte et génie des mots.

Si rien ne sort de rien, un rien n’est pas grand-chose,
Mais l’absence de tout fait qu’on ne risque rien,
Puisqu’on manque de rien en sachant qu’on dispose
De rien qui contre tout nous rendrait propre à rien.

Mais rien ce n’est pas rien : si rien n’est évident
Un rien ne justifie que rien ne veut rien dire ;
On s’émeut bien d’un rien, on en est dépendant,
Puisqu’on n’a rien sans mal pour peu qu’on y aspire.

Entre si peu et moins le rien n’est pas flagrant ;
Rien de plus, toutefois, marquant sa différence,
Que si rien n’est donné "peu" devient rassurant
Quand on manque de tout et qu’un rien le nuance.

On s’habitue à tout si l’on compte sur rien,
Et heureux est celui qui plus rien ne désire ;
Il trouve un rien dans tout, il s’enrichit d’un rien
Puisqu’il ne risque rien en sachant se suffire.

Si rien ne sert à tout, tout peut servir à rien ;
Rien qu’un petit train-train où tout ou rien se gagne ;
En ne comptant sur rien c’est le plus sûr moyen
De savoir qu’après tout un rien nous accompagne.

Mais que puis-je donc faire après un tel poème ?
Rien ! puisque c’est déjà ce que j’ai fait hier ;
On me rétorquera que j’ai l’esprit bohème…
Si je n’y gagne rien, malgré tout j’en suis fier !

ANDRÉ

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LE VÊTEMENT DU PARAÎTRE

Poème humoristique sur les allitérations

Étant presque aussi bon que ce qu'il croyait être,
Il fut ce qu'il était et qu'il pensait paraitre ;
Quand il sembla changer on se dit que peut-être
D'un mieux se reconnaître il irait au bien-être.

Réglé au millimètre, il ne pouvait renaître,
Piètre, le reconnaitre, aurait fait le soumettre ;
Il ne pouvait admettre ainsi voir disparaître
Ce que son être entier était esclave et maître.

Comment, dès lors, eut-il toujours pu se repaître
De ce désir sans fin qui le suit, le pénètre,
Quand une courte vue fait que tout s'enchevêtre,
Et qu'un sot est tenté vouloir tout se permettre.

Dans le rapport de l'être à l'envi du paraître
L'esprit de pauvreté est bien celui d'omettre
Que l'apparence ruse et qu'on ne peut la mettre
Sans malice avérée : au choix s'y compromettre.

ANDRÉ


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Date de dernière mise à jour : 2017-09-16 19:28:52

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