Mots contraires 2ème partie

 

QUI PERD GAGNE

Si l’on gagne souvent à être plus connu,
On risque de tout perdre en cette convoit
ise ; La vraie joie de gagner où chacun est tenu
Ne doit perdre de vue que gagner : s’organise.

Mais que de temps perdu pour y gagner du temps !
Ne pas perdre courage, où, si la peur nous gagne,
Quand on a rien à perdre on doit rester constant ;
On a tout à gagner : la chance pour compagne.

Il gagnera celui qui sait ce qu’il peut perdre ;
Savoir perdre à propos, c’est gagner du terrain ;
Perdre une occasion, risquer de tout reperdre,
Est un mauvais marché qui agit comme un frein.

Pour gagner de l’espoir il faut l’expérience ;
Ne jamais perdre, en soi, un certain engouement.
Jouer à qui perd gagne est une déviance
Qui conduit à tout perdre, et y gagner tourment.

À gagner un beau bien on gagne une louange ;
Perdre ses objectifs, c’est perdre son élan ;
On ne change jamais la tactique où s’engrange
Un beau tempérament de gagneur vigilant.

Si l’on a rien à perdre on peut bien tout risquer ;
Cet état de gagner demeure aléatoire ;
On peut y perdre aussi à trop le provoquer,
Et ne gagner du temps qu’à un travail sans gloire.
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CROIRE OU DOUTER

Nul doute que l’erreur mine la certitude ;
Croire ce que l’on voit donne à croire trop peu,
Et ne douter de rien est mauvaise habitude,
Si, aux raisons de croire, on déprise l’enjeu.

Faut-il douter de tout ou bien encor tout croire ?
L’excès, dans les deux cas, prive de réfléchir ;
À en croire les faits il serait illusoire
De trop croire au hasard, douter avant d’agir.

Le pensée prend naissance à la source du doute,
Et croire en ses idées, sans doute est excellent ;
Le réel s’il parait mettre un doute en déroute,
Aveugle, trop patent, si l’on n’est vigilant.

Croire c’est s’exercer à supporter le doute,
Mais on doute souvent de ce qu’on ne croit plus ;
La faute serait de tout croire et, sur sa route,
Faire l’impasse au doute en le croyant déchu.

Seul le doute s’accroît, jamais la certitude,
Et qui ne doute pas hérite de bien peu.
Si, dit-on, voir c’est croire alors cette attitude
De croire et puis d’agir jouera avec le feu.
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AUX RAISONS D’ESPÉRER

Dans le temps qui attend et le temps qui espère,
L’espérance est un rêve, et qui veille et guérit.
Un coup dur, à coup sûr, après coup se digère
Aux raisons d’espérer qu’un coup de main offrit.

L’espérance est le bien de ceux qui n’en ont plus ;
Sachons tenter le coup : l’espérance fait vivre ;
Un coup de chance aussi ne doit pas être exclu,
Et, si l’on tient le coup, espérer doit s’ensuivre.

Qui espère demain néglige l’aujourd’hui ;
Pour rester dans le coup, gardons quelque repaire.
En combativité, puisque rien n’est gratuit,
Un coup du ciel, souvent, est plus qu’on ne l’espère,

Qui tel un coup de pouce a bien inespéré.
L’espérance est la foi qui peut chasser la crainte,
Si un coup au moral nous rend désemparé ;
Sans cesser d’espérer luttons, et sans contrainte.

L’espérance est un risque : il faut bien le courir,
Et presque au coup par coup, avec de la constance,
Même au coup de Jarnac on pourra se guérir,
Tant soit que d’un coup bas survivra l’espérance.

À ne point espérer chacun court un grand risque
D’en accuser le coup, sans aucun coup d’éclat,
Et de manquer son coup si l’espoir nous confisque
Aux raisons d’espérer un avenir bien plat.
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LA CAUSE EST ENTENDUE

Parvenir à ses fins, en tout état de cause,
Faire cause commune : est bien le fin du fin.
Le fin mot de l’histoire est que, dans cette clause,
À bien plaider sa cause, on voit l’effet, enfin.

Personne n’apprécie de rester sur sa faim ;
Le travail abouti n’a pas d’effet sans cause ;
En défendre l’idée déjà y mettrait fin,
Dans le désagrément, lésant la bonne cause.

Si l’on dit que la fin justifie les moyens,
Au fin fond de la chose, aux desseins mitoyens,
Ma cause est entendue, à toutes fins utiles.

Comment ne pas penser qu’en fin de compte il faut
Plus d’effort, de sueurs, que de propos habiles ?
En connaître la cause enlève le défaut.
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QUAND LES MOTS PRENNENT LA PAROLE

Au mot d’esprit sachons, adroit, jouer le jeu.
Pas un seul mot turbide à la saine écriture ;
D’entrée de jeu, au sens du mot, pas d’imposture ;
Tricher au jeu, c’est jouer gros, et être hors-jeu.

Jouer franc-jeu, entre deux mots, tel est l’enjeu ;
Se prendre au jeu est le mot d’ordre, où la pointure
De l’humoriste et du poète, en l’aventure,
Pour séduire les mots, s’offrent un si beau jeu.

En un mot, et pour prendre au jeu la drôlerie,
Jouer aux jeux de mots, dans la badinerie,
Est un jeu d’écriture usant de mots croisés.

Avoir son mot à dire, au jeu vaut la chandelle ;
Et, quand les jeux sont faits, bien même un peu osés,
La parole est au mot, le mot est son modèle.
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QUI PEUT LE MOINS PEUT LE PLUS

Au plus je m’interroge au moins je ne découvre ;
Tout au plus, c’est du moins un sentiment acquis ;
Me dire à moindre prix qu’en ce sujet, requis,
Plus je pense à cela, et moins je m’y retrouve.

N’être rien moins que moi, plus ou moins je l’approuve,
Et, plus je me connais, défrichant ce maquis,
Ça me dérange moins, car de plus c’est exquis :
Je suis le plus heureux, de moins en moins j’épouse

Cette idée qu’est en moi que le plus compliqué,
Est le moins agréable, et qu’il est plus risqué
De toujours savoir plus en arrivant moins vite.

Et quoi de plus léger quand c’est à moindre prix,
Qu’au plus intéressant, sans questions, ensuite,
On sait qui peut le moins, peut le plus s’il en rit !
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AVOIR L’ŒIL POUR LES PIEDS

Si ça ne saute aux yeux, prendre garde au poème :
Un pied plat, rime pauvre, est vue d’un mauvais œil ;
Pour ne pas perdre pied, nous devons ouvrir l‘œil,
Jamais lever le pied, même en cas de dilemme.

Avoir l’œil vigilent ; Pour respecter le schème,
Consulter un lexique et ne pas fermer l’œil ;
Pied à pied, sans se mettre ainsi le doigt dans l’œil,
De pied ferme prend pied la poésie qu’on sème.

L’œil du maître fait fuir l’idée du pied au mur,
Car de ses propres yeux, grâce à un travail mûr,
Pour les beaux yeux des vers, il est sur pied de guerre.

Du haut du piédestal de ses propres acquis,
Il tient à l’œil les mots, et ne s’inquiète guère,
Sur pied d’égalité, et au clin d’œil requis.
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À TOUT PRENDRE ET FIN PRÊT

Parvenir à ses fins, c’est savoir bien s’y prendre ;
Être toujours fin prêt, et prendre tout son temps ;
Pour mener un projet, à sa fin il s’entend,
À tout prendre, et fin prêt, cela doit se comprendre.

Du fait, qu’en fin de compte, – il ne faut s’y méprendre,
Être assez fin limier, réclame effort constant :
Prendre une part active en devient exaltant.
Le fin du fin, bien sûr, est la joie d’entreprendre.

Si la fin justifie les moyens, dit l’adage,
Il faut prendre sur soi d’en tirer l’avantage ;
Le fin mot de l’histoire est bien de prendre part.

Pour mettre fin et clore, au cocasse chapitre
Ce modeste sonnet est comme un faire-part ;
À prendre ou à laisser, vous en êtes l’arbitre ;

Je ne le prendrai mal, j’en prendrai mon parti.
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LE PAIN ET LE COUTEAU

Toujours gagne-petit, trouvant son gagne-pain
Comme second couteau, en rôle de théâtre,
Il mangeait son pain blanc, caractère opiniâtre,
Quand tout se passait bien, presque comme un rupin.

Le regard cabotin, et quelque peu faquin,
En lame de couteau son visage blanchâtre,
Hantait souvent le bar nommé « Café-théâtre »,
À l’eau et au pain sec, tel un vrai galopin.

Le couteau sous la gorge et sans pain sur la planche,
Il s’estimait heureux d’en couper une tranche,
Et bénissait le ciel pour ce pain quotidien.

À quoi bon remuer le couteau dans la plaie,
Être à couteaux tirés envers autrui quand bien,
Le pain et le couteau ne s’assemblent d’emblée.
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UN PETIT RIEN, UN PETIT PLUS

Peu lui suffit : un petit rien, il s’en contente ;
Rien n’est acquis, mais peu à peu, et l’air de rien,
En peu de mots, très motivé, en moins que rien,
Sans penser trop, sans penser peu, plume élégante,

Il obtient plus, d’un peu de tout, en dilettante.
Car s’amuser avec des riens au va-et-vient
De l’à-peu-près, du calembour, n’épargnant rien :
Rien ne l’arrête, et peu lui chaut, tant qu’il invente.

À peu de frais – ce n’est pas rien – en peu de temps
Rien ne se perd, rien n’est gratuit ni rebutant ;
Juste un peu fou, mais rien de pire, et peu importe.

Un rien l’égaie, et rien de mieux, ni rien de moins,
Est suffisant s’il obtient plus et qu’il colporte
Un peu d’humour, qu’un rien habille, néanmoins.
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AU NEZ ET A L’ŒIL

La satire me sied, au pamphlet je brocarde,
Et, d’un œil avisé, quand il montre son nez,
Ne le quitte de l’œil, rêvant le façonner
Les yeux facétieux tandis que je le farde.

Nez à nez devant lui, d’une plume renarde,
Quand je lui fais de l’œil, parfois à vue de nez,
En mes vues de l’esprit j’aime le taquiner,
À vue d’œil, le nez fin, tirant sur ma bouffarde.

Quand je caricature en vue de jeux de mots,
J’ouvre l’œil évitant les libellés grimauds ; *
Si je n’ai l’œil du Maître, il n’est jamais d’œillères

Capables de me mettre alors un doigt dans l’œil.
Je n’ai pas froid aux yeux, les Muses conseillères
Souvent, au pied de nez, m’adressent leur clin d’œil.

* Dans le sens de pédants
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PILE-POIL

Parfois on tombe pile, ou un poil à côté ;
Aussi, à un poil près, nous faut-il faire face
Afin que pile-poil un obstacle s’efface,
Et dans ce face à face, être du bon côté.

Précis, toujours au poil, sans passer à côté,
Pour ne perdre la côte, ou se voiler la face,
Car, si l’on freine pile on risque que s’efface
Ce qui nous tombait pile, et choit au bas côté.

Reprenons et gardons de ce poil de la bête,
Un petit poil de chance : et sitôt c’est la fête,
Puisque tout ira bien l’aubaine à nos côtés.

Soyons donc vigilants si du concret s’empile ;
Un seul poil sur la main et nous serions jetés,
Saisis à contre-poil, telle une vieille pile.
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POUR UN « OUI » POUR UN « NON »

Ni le « Oui » ni le « Non », au cours d’un face à face,
Ne tombèrent d’accord, on devine aisément ;
Si le « Oui », positif, toujours de bonne grâce,
Approuve sans réserve, indubitablement,

Le « Non », plus radical, souvent lui fait la chasse,
Son nom, rien qu’à lui seul, semble concurremment,
Vouloir à tout instant, lui dérober la place,
Lui, le bienheureux « Oui », dont le son est charmant.

Chacun à l’argument, y défend sa raison ;
En croyant qu’il détient la vraie clé de son nom :
L’évidemment pour l’un, et le refus pour l’autre.

Aucun d’eux n’est d’humeur à céder du terrain ;
Trois lettres en commun, et où chacun se vautre,
Pour un « Oui » pour un « Non » dans un piètre refrain.
 
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Date de dernière mise à jour : 2017-10-11 09:58:04

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