Mots contraires 4ème partie

LE GÉNIE ET LA FOLIE

"Au génie la raison lui vaudrait un censeur".
Si la phrase est célèbre et très souvent citée,
Buffon disait aussi, en habile penseur,
Qu'il n'est qu'une vertu de patience ouatée

Bien plus libre à nos yeux dans un esprit flottant.
Il peint, parfois, l'esprit au contour d'un visage ;
Il plait plus qu'il n'étonne…et d'orgueil exploitant
Les raisons de la gloire en son don d'héritage.

Les règles font de lui, en l'art, une routine,
Mais l'éclair n'est jamais comparable au soleil,
Et si le génie créé, un soupir le taquine :
De quelque modestie il ne veut le conseil.

Oui, ce père d'ampleur et fils de solitude
Peut avoir goût amer si l'âme, un jour, le fuit :
Ouvrage d'un moment et dont l'incertitude
Dérobe ses attraits en l'instant d'une nuit.

Paraissez être tout, embellir votre image,
Si le feu du génie ne luit plus sur le front,
Il n'est que vanité, philosophie peu sage,
Et qu'un peu de folie vos usages vaincront.

Le génie, on le sait, à son coin de folie,
Où l'esprit s'y confine y tombant à demi ;
Misérable folie que le génie rallie :
Sagesse ou déraison…hasard ou compromis ?

S'il subsiste du bon dans la folie humaine,
Cette exaltation, dans un sens mesuré,
À trompeuse apparence – étrange phénomène –
Où Génie et Folie n'ont d'aspect séparé.

Les valeurs n'ont de prix que l'étendue de l'âme
Dans l'authenticité, modestie, naturel ;
Si le génie, en nous, par son biais se réclame,
Qu'il soit sage folie, seul plaisir culturel.
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LA PROBITÉ ET LE PÉCHÉ

Par ostentation la belle probité
N’est que pâle vertu candide à la morale,
Car, dans la vanité, quelle capacité
L’individu, souvent, au péché se régale.

Si le péché de chair est un délit sans suite,
Mérité-je un procès si c’est le confesser ?
La franchise du cœur, devant une inconduite,
Triomphe sans éclat pour mieux me courroucer.

Si je marche, parfois, sur des sentiers obliques,
Morale, au jugement, raille vertu d’esprit ;
Je ne provoque pas : mes propos satiriques
Épiques, réclament une éthique au mépris.

Qui plait le plus au peuple ? Un péché savoureux
Expliqué dans les faits aux préceptes pratiques,
Où la vertu probable, et d’un relent poudreux,
Qui peut choquer l’esprit de quelconques logiques ?

Car nos vices, c’est vrai, ont pour seul avantage,
Le luxe émancipé de nos fausses vertus,
Et un peu de folie est un bien beau courage…
D’Épicure ou Zénon : mes choix sont entendus.

Je laisse au fond du cœur probité et morale ;
De confesseur des juges, juge mes confesseurs ;
Un aveu du péché n’est que la diagonale
Vêtue de sainteté, déguisée aux erreurs.

Quand le vice frivole aux raisons des vertus
Dresse son imposture, implacable morale,
La résistance est vaine aux rideaux abattus ;
Rien n’absout le péché dans sa quête infernale.

La parole est souvent un péché d’arrogance :
Ce péché dévorant l’hygiène de nos sens ;
Tout être organisé n’est jamais qu’apparence
Dont il tire avantage, étant à double sens.

Aux vices des païens : ourdies vertus chrétiennes ;
Je ne m’offusque pas, reste sauf mon honneur ;
Mes pensées, seulement, ne sont pas stoïciennes,
J’assume le péché, ce péché flagorneur.

Pour terminer mes vers j’emprunte à d’Harleville
Ce distique éloquent : ce n’est point l’évangile :
« Ève a souvent péché : c’est bien qu’on la flattât ;
Exemple que depuis mainte femme imita. »
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PARLER OU SE TAIRE

Parler simple ou madré sur papier comme en bouche,
En phrases fleuries et aux idées survenues,
La parole me dope et le verbe, sa souche,
D'un silence fuyard chasse mes retenues.

Quand se taire est si doux, parler n'est jamais triste;
Si je parle de moi, je parlerai de vous,
Car parler c'est agir, j'en suis l'opportuniste:
Se taire c'est penser, rester au garde-à-vous.

Est-il bon de parler ou meilleur de se taire?
Car pour se faire entendre on parle toujours bien;
Et même si mes mots sont de l'alimentaire,
Je suis dépositaire et signataire au lien

Qu'en ce don de se taire où l'on a rien à dire,
Au défi du discret qui devrait s'exprimer,
Il est dur pour certains d'espérer s'interdire
Un discours saugrenu pour pouvoir s'affirmer.

Critère élémentaire et repère compère,
Je prospère, tempère et opère aux vertus
Que parler me libère et que mieux que se taire
Le plus petit des mots est toujours bien vêtu.

Aurai-je plus d'esprit si je savais me taire ?
Comment rester muet sans en être lassé ?
La foi de mes discours n'est jamais tributaire
Aux faveurs du silence...un silence angoissé.

Parler est l'hameçon qui associe l'idée,
Car parler c'est agir quand penser c'est se taire.
Le mot devient un duc si l'image est fardée,
Mais il reste grimaud s'il est rudimentaire.

Me taire est un défi que mon esprit offense,
Car se taire n'est point une leçon en soi,
Et si je dois parler qu'il y ait l'élégance,
Si ce n'est l'éloquence, au moins j'ai cette foi.

Que resserrer la joie autour de quelques mots
Est un bien moindre mal qu'un esprit sot taira,
S'il refuse au langage, en ses plus beaux rameaux,
Le soin de lui laisser exprimer l'apparat.
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DE CAUSE À EFFET

Il n’y a pas d’effet en absence de cause ;
Si j’ignore la cause, j’en plaide l’effet,
Car la causalité, en théorie suppose
Qu’on expose et appose une clause du fait.

Pour cause de mutisme exigence me cause
Souvent l’impression du méfait de l’effet ;
Si je vise à l’effet, en contestable cause,
De ce fait je me fais prisonnier du surfait.

Cause bien défendue est une juste cause.
Si mon attitude, en mes « effets spéciaux »,
Peut m’inciter, parfois, plus à l’effet qui « cause »
Dans une belle cause et aux effets partiaux,

De chaque phénomène en sais qu’il y a la cause…
Ets-ce mauvaise cause, étant de bonne foi,
Si je regarde plus l’invention que la chose ?
Le résultat des faits n’est que l’effet, parfois.

Espérer dans la foi, toutefois…quelquefois,
Dans la cause à défendre : obligation me cause…
A viser plus l’effet, en sachant dans ma foi,
Qu’heureux est bien celui qui dans la pure cause

Ne souligne l’effet que d’une noble cause.
Toute cause est raison, complaisance d’effets,
Qu’indispose, transpose et aussi je suppose
Une mauvais foi cause de nos méfaits.

Si arrivé au terme d’une hilarante prose,
Tu sais Lecteur, juger et percevoir la cause
Du délire des mots et qu’à dessein j’expose :
La cause est entendue, l’effet est grandiose.
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LE RIRE ET LA DOULEUR

Le rire, nous dit-on, est le propre de l’homme ;
Et devant la douleur le rire à goût de bien.
Douleur, source pérenne, au rire tu fais comme
Un rire bien muet car tu te ris de rien.

A la douleur sachons observer quelque charme,
Car douleur qui se tait est douleur de l’esprit ;
Rire mélancolique en ce rire est une arme,
Face aux larmes du corps dont le cœur se meurtrit.

La douleur est l’épine et le rire est la rose…
Arrosons de rosée : roseraie de raison ;
Qu’aux échardes du mal où la douleur repose
Réveille un rire prêt à sortir de prison.

Car le rire est divin puisqu’il sucre les larmes ;
La douleur nous châtie devant certains excès ;
Le rire est le remède, aux douleurs les alarmes,
Pour noyer le chagrin, lutter contre l’abcès

Néfaste des douleurs. Si le rire s’invite
Notre âme sort grandie, dépasse la douleur…
Pour un temps la douleur rira alors moins vite,
Et le rire pourra en chasser quelques pleurs.

A douleur oubliée on en pleure de rire ;
Dans un éclat de rire : au chaudron la douleur !
La conception de joie est la vision du rire,
J’entends ce rire fou heureux de ma douleur.

Et devant le génie impuissant de mon rire,
La sereine ironie accable ma douleur ;
Souffrir sans trop me plaindre, en pétrir un sourire,
Espérer supporter quelque rire moqueur…

Pour s’emparer du rire à l’orgueil des douleurs
Pièce maîtresse est joie quand le rire s’impose,
Sur l’échiquier du mal face aux pions des douleurs,
Afin que ces douleurs ne rient pas de ma cause.

Je vais me faire rire à en pleurer de joie ;
Plaisir d’un rire seul, si cela m’est permis ;
Pour un rire éphémère, un franc rire est bourgeois :
Le mal sera plus sain mêlé au compromis.

L'hermétisme, parfois, dans ce genre de texte,
Peut tronquer les mots dans l'interprétation...
Mais jamais la douleur au rire n'est prétexte
De rire des douleurs: quelle aberration!
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ÊTRE OU NE PAS ÊTRE ?

Etre ou ne pas être, mais être dans un Tout,
Insolite épithète, et cela peut paraître
En contradiction ou bien un mêle-tout.
Étrange question il faut le reconnaître.

Etre ou ne pas être c'est oui...et c'est peut-être ?
Car "l'Etre", au jugement, toujours se questionne...
Il se connaît si peu mais croit se reconnaître,
Imbu et primitif : faraud se cautionne.

Si je "suis" donc "j'existe", en mon corps, mon esprit ;
J'existe pour sentir, condamner un non-être,
Où aucun préjugé en mon être attendri,
N'enchevêtre et pénètre en mon âme au bien-être.

Peut-on être incréé: conscience immortelle ?
Vivre d'un outre temps, être l'éternité ?
Comment quantifier la durée temporelle
D'un être à naître: en être errant et entité ?

Je suis comme un milieu entre esprit et la chose ;
Je prends l'être à la lettre et sans condition ;
Apprendre au fond de l'être inspire, je suppose,
Qu'au delà de l'idée est la solution.

Se sentir exister est-il sain ou malsain ?
L'infini nous fait peur mais il flatte notre âme ;
Je ne peux me démettre à mon être à dessein
Qu'exister c'est vouloir, c'est permettre l'entame

De la carte première en l'objet de sa quête.
Se mûrir, se créer sans miroir déformant,
Pour qu' être ou ne pas être, ou être ou paraître être,
Ne puisse compromettre un seul prétendument.
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LE VICE ET LA VERTU

Courtiser la vertu ou bien flatter le vice ?
La vertu moralise au-dessus de l'esprit ;
Le vice est l'impulsion, la vertu un délice ;
Modérer quelque vice : et vertu s'attendrit !

L'innocence est hardie plus souvent que le vice ;
Un vice en la raison peut bien se corriger.
Respectons la vertu, qu'elle nous soit complice,
Que le vice en vertu de ce droit : soit léger.

Oter l'espoir au vice, offrir l'arme aux vertus,
Et vertu s'affermit, nous libère du vice :
Le coeur est bienheureux, les vices combattus ;
Aimable est la vertu: la grâce à son service.

Mais faut-il qu'un nuage, odieux de surcroît,
Transforme pureté en "vice convenable",
Néglige la vertu, en fasse un passe-droit,
Et le vice commode épouse, impitoyable,

Nos sens désorientés qui louaient la vertu.
Ces vices "vertueux" en vertu s'évertuent ;
L'ambition des vertus, dans le vice têtu,
Succombe à ses défauts qui soudain s'accentuent...

Chaque vice, bien sur, échappe à toute loi,
Le vice est séduisant n'en soyons point l'apôtre ;
Si la vertu s'indigne : le vice est hors-la-loi ;
Mais vice est téméraire et viendra vite nôtre.

Et qui vit dans le vice à orgueil pour vertu,
Ces vertus déguisées, poursuivies par le vice,
Dont vertu sans honneur d'un vice pour statut,
Ne peut s'enorgueillir devant un tel supplice.

Quand bien la vertu souffre: Ô vice aspect gracieux !
Les vertus sont des dames et le vice des pères
Que nous autres les fils observons...fallacieux :
Le vice et la vertu ont des instincts grégaires.
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LE BIEN ET LE MAL

L'homme s'ennuie du bien, cède souvent au mal :
Le grand mal d'un moment pour qu'un meilleur bien dure ;
Si nos manques nous vouent aussi bien que le mal,
Le seul bien qu'il nous reste est le mal qu'on endure.

Rendre bien pour le mal, en grand homme de bien,
Quand le mal est certain, bien souvent on y songe...
Réfléchir sur le mal, pour que naisse le bien,
Et le mal mène au bien de ce mal qui nous ronge.

Mais parfois bien présent risque aux sources du mal,
Si un bien mal acquis est le puits où quiconque
D'un grand bien dans l'excès verse en un très grand mal :
Le seul bien qui nous reste est alors très quelconque.

Sans faire trop de mal, habillons nous du bien ;
Qui ne sent plus son mal est d'autant plus malade,
Le mal se joue du bien, le bien s'y trouve mal...
N'est-ce pas par le mal que le bien s'embrigade ?

Dans le pouvoir du bien et le vouloir du mal
Si le bien et le mal, distinctions arbitraires,
Quelque bien qu'on en dise en soulagent le mal,
Pour un homme de bien: les seuls biens populaires !

Plutôt un petit bien qui sera moindre mal,
Car j'aime les seuls biens qui ne sont à personne ;
Le bien se paye cher, se paye tôt le mal,
Et dans un juste bien que le mal démissionne.

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FAIRE BONNE MESURE...

Faire bonne mesure a du bon, du mauvais ;
Tempérons le mauvais pour que le bon l'emporte.
Dans les mauvais moments, quelques coups de balais
Sont d'un bien bon usage ; aux mauvais coups conforte.

Ce qui est bon à prendre est toujours bon à rendre ;
Tout conseil est mauvais quand il est imposé ;
Quand logique et bon sens savent se faire entendre,
Mieux qu'un mauvais procès, bon droit n'est point lésé.

À quelque chose prés, dit-on, malheur est bon,
Car du mauvais au pire il y a de la marge ;
À quoi bon ergoter si jamais au rebond
Dans nos bien mauvais jours un bon vouloir s'en charge.

Je suis un bon vivant. À mauvaise fortune
Je fais toujours bon coeur si quelque mauvais choix
À bon goût, arrogant, de façon importune,
De me contrecarrer, et malgré mon bon droit.

Pour être un bon vainqueur, je suis un bon perdant,
Sans doute moins mauvais, et pour un bon usage,
Aux mauvais procédés quand le bond, imprudent,
S'ouvre au mauvais exemple au lieu du bon présage.

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OMBRE ET LUMIERE

Courir après une ombre est une ombre au tableau ;
Et ce qui nous éclaire est bien souvent dans l’ombre ;
On ne brille dans l’ombre et l’on reste penaud
Si la lumière fuit, que tout demeure sombre. 

Seul le temps est patient car il met en lumière
Des zones d’ombre qui occultent le présent ;
Il dispense à son gré de pérenne manière
Les secrets de lumière aux ombres s’exposant. 

La vérité, aussi, tient toute la lumière
En elle-même et non en celui qui la dit,
La vision obscure occupe, familière,
L’imagination qu’un fantasme nourrit.  

C’est dans l’ombre du cœur que s’éclairent les choses
En habit de lumière à tout homme éclairé ;
On s’aveugle d’autant aux effets grandioses
Qu’on y perd tout repère au désir censuré. 

Dans la répartition d’ombres et de lumière
Une faille, parfois, assombrit le destin ;
Qu’un rayon de soleil l’éclaire à sa manière,
Et le noir deviendra la couleur de satin. 

Il n’est de grand dessein qu’à l’ombre d’un grand rêve ;
Se mettre en lumière ne suffit pour briller.
Un poète dans l’ombre à la lumière élève
Vertu, beauté, raison pour au temps s’habiller.
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BIEN FACILE DE CROIRE

Quand la difficulté rencontrée décourage,
Tout paraît plus facile à qui croit tout savoir ;
Mais la difficulté, pour qui tient ce langage,
Est plutôt de paraître et de se faire voir.
 
Bien facile de croire en mille disciplines ;
Difficile s’avère en connaître une à fond.
Quand tout semble facile aux idées sibyllines,
Fâcheux peut s’avérer celui qui tout confond.

Certes on conviendra qu’il reste plus facile
De commencer une œuvre alors qu’y mettre fin,
L’amener à son terme est travail difficile,
Si l’on veut in fine faire du superfin.

La route du savoir est longue à conquérir ;
Mais plus courte et facile en suivant quelque exemple ;
Seule l’expérience est capable d’offrir
Dans la difficulté le but qui la contemple.

Le difficile étant non pas dans les réponses
Mais dans les questions que l’on doit se poser,
Pour, plus facilement, contournant quelques ronces,
Vaincre aux difficultés ce qui pourrait léser. 

Tout semble difficile avant que tout soit clair,
Car la facilité est un chemin bien mince…
L’incertitude seule a un vrai goût amer
Qui, difficilement, estompe ce qui coince. 

Aussi facilement qu’on croit ce qu’on souhaite,
C’est dans l’adversité, non en facilité,
Qu’on se révèle, enfin, joyeux, le cœur en fête,
Au dogme difficile, ayant bien résisté.

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POUR PARTIR D'UN BON PIED

 Quelle chance d'avoir en soi la main heureuse :
C'est l'aubaine assurée pour partir d'un bon pied,
Et d'avoir la mainmise à cette avantageuse
Éventualité de ne point perdre pied. 

Mais, malgré cet atout, garder les pieds sur terre,
Dans bien des cas permet de ne perdre la main,
Car, pris à contre-pied, passer la main s'avère
Une frustration, privé de l'appuie-main. 

Il faut savoir aussi parfois lever le pied,
Et, avec modestie, mettre main à la pâte
Pour que les pieds au mur, guetté par un guêpier,
Sans s'en laver les mains, prendre son pied se gâte. 

Ne pas agir sous main, encor moins en pied-plat,
Pour se reprendre en main : il le faut de pied ferme,
Même si en cela le geste est sans éclat,
Se salissant les mains au but d'y mettre un terme. 

Sur la pointe des pieds, et en de bonnes mains,
Le pied à l'étrier et les mains dans les poches,
Sans s'en laver les mains, aux meilleurs lendemains,
Au pied d'égalité tout paraîtra moins moche.

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IL EST VAIN DE PARLER…

Parler beaucoup de soi au vrai nous dissimule ;
Quand on ne sait se taire on ne sait plus parler.
Le silence lui-même autant qu'il se cumule,
À quelque chose à taire et à tout révéler.

Taire ce que l'on sait est parfois de noblesse ;
On parle par besoin, on écoute dans l'art ;
Lorsqu'on veut tout savoir sachons que par sagesse
Il faut aussi le taire, y avoir quelque égard.

Il ne faut parler haut, seulement parler juste ;
On ne craint pas d'agir si l'on sait bien parler.
Si bien dire s'entend, bien faire aussi s'ajuste
À mieux penser à tout, jamais sans s'emballer.

Ne demander aux mots plus qu'ils ne veulent dire ;
Parler avec les mains pour taire certains mots ;
Les mots sont curieux, comment les interdire
S'ils ne savent se taire et causent quelques maux ?

Quand l'amour veut parler la raison doit se taire ;
Pour écouter parler, le coeur tient son serment ;
Il suffit de l'entendre en silence au mystère,
Pour qu'il parle, muet, sans langage, autrement.

Au silence on entend qu'un bruit essentiel ;
On affronte le bruit, on touche le silence ;
Dans l'art de deviner tout est sensoriel,
Ce qui se fait de grand au silence est essence.

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TOUT AU PLUS, TOUT AU MOINS.

De plus en plus de gens de moins en moins s’adonnent
Au rire, à ses bienfaits, tout au plus moins souvent ;
Ni plus ni moins d’ailleurs aux chansons ils fredonnent,
Moins heureux dans leur cœur, plus le doute est présent.

Plus on se réjouit, on badine, on plaisante,
Moins le chagrin s’affiche et plus d’entrain on a,
Car plus forte est l’ivresse, elle est moins épuisante,
Elle a ce petit plus, moins le spleen en tracas.

Plus on donne à l’humour moins forte est l’amertume ;
Moins on a de soucis plus on peut y veiller ;
C’est ni moins précieux ni plus que de coutume :
Plus on rit moins on craint un jour de vaciller.

Prendre plus de hauteur dans la distraction,
C’est moins risqué à vivre, et qui plus est bien-être,
Ni plus ni moins complexe, à moins d’obsession
Qui conduit tout au plus à bien moins se connaître.

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TROP DE QUALITÉS EST BIEN LE SEUL DÉFAUT

Au défaut des vertus que nous faut-il donc craindre,
Puisqu'on a les défauts de quelques qualités ;
Le plus grand des défauts ce serait bien de feindre
D'ignorer que les deux ont leurs commodités.

Connaître ses défauts a cette qualité
D'indulgence à la vue, quant aux défauts des autres,
Et culpabiliser serait interprété
Comme un excès de zèle aux valeurs qui sont nôtres.

Si quelques qualités nous font aussi défaut,
Le pire des défauts est de les méconnaître ;
Évitons donc, prudent, un gênant porte-à-faux :
L'erreur de jugement un doute y ferait naître.

Si pécher par abus est jouir par défaut,
En modérer l'usage en reste l'apanage ;
Le terrain est glissant, l'aborder comme il faut
Peut donner du crédit à notre personnage.

Si nous étions exempts d'un quelconque défaut
Où serait le plaisir de voir celui des autres ?
On toise par défaut pour guetter une info,
Les faiblesses des uns nous éloignant des nôtres.

Qualités et défauts tiennent d'expérience,
D'excellentes raisons nous font douter des deux
Pour décider lesquels, en toute conscience,
Nous seront positifs ou les moins hasardeux.

Quand le tempérament est qualité de l'âme,
Le défaut se souvient sans jamais la troubler ;
Qu'importe la méthode, elle n'a rien d'infâme,
Même agir par défaut, souvent, fait rassembler.

Un défaut pourra bien, face à nos qualités,
Humaniser nos sens d'une avérée noblesse,
Si l'on soustrait d'abord de basses vanités
Pour légitimiser  au doute la sagesse.


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PETIT BONHEUR GRAND AVANTAGE

 

Quand on fait trop le grand on paraît bien petit,

Mais on est grand chez soi et petit pour les autres ;

Quelle attitude avoir pour n’être assujetti

A ces prompts jugements qui ne sont pas les nôtres ?

 

Un grand parleur s’avère être peu consulté ;

Ouvrir l’oreille en grand, parler au petit nombre

Paraît être le choix le plus légitimé

Pour ne pas s’exposer et oeuvrer sans encombre.

 

Qui nous connaît petit nous dédaignera grand

Quoi qu’on fasse de grand, sans un esprit critique ;

Se faire tout petit c’est quand même frustrant,

Alors restons nous-même et assez pragmatique.

 

C’est faire un bien grand pas que s’accepter petit

Si un petit effort mène à grand avantage ;

Le monde est tout petit, n’ayons de l’appétit

Que si le cœur est grand, l’esprit en héritage.

 

Le plus grand des flatteurs, petite main du verbe,

Ne nous atteindra pas, jaloux ou flagorneur,

Et petit à petit il perdra sa superbe,

Car petit, mais tout seul, nous aurons notre honneur.

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LE SÉRIEUX DU RIRE

Le rire est sérieux quand le bon mot fait mouche ;
Il séduit par sa forme, il convainc par le fond ;
Il est euphorisant, sa pratique débouche
Sur la contagion : son pouvoir est profond.

Le rire c’est la joie, palpable, intérieure ;
On rit, on se libère et la vie s’embellit ;
Hygiène de l’esprit, fenêtre extérieure
Qui s’ouvre vers autrui, dissipe tout conflit.

Rien n’est moins sérieux que ce qui reste drôle ;
Plus on cède à l’humour plus le sourire est beau ;
Le rire est reposant, et c’est bien là son rôle :
Un rempart au dépit : riant porte-drapeau !

La vie est une farce : il faut apprendre à rire ;
Une âme qui s’égaie nous rend maître du cœur,
Et dans ce sens commun chacun doit y souscrire :
Ça fait du bien aux gens car c’est fédérateur.

L’humour sait bien souvent nous tirer d’embarras,
Flambeau spirituel de la lucidité ;
Sincère il nous rend humble et, comme un appui-bras,
Repose et divertit dans la complicité.

Et puis mourir de rire est une providence,
Puisqu’on se fend la pipe en ne se la cassant ;
En conséquence il faut y trouver l’excellence
Sans se moquer de l’autre et ni être offensant.

On ne rit pas pour rire : on rit par thérapie ;
Le rire se déride aux sources du propos ;
Vouloir le rabaisser est pire myopie
Quand on sait que sans lui la vie manque d’échos.


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Date de dernière mise à jour : 2017-08-08 21:35:45

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