Sonnets 2ème partie

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AU MURMURE DES BOIS

Quand dans un jet de plume ourdi sous un dais d’ormes,
J’écris des mots charmeurs parfumés de printemps,
Assis au sol herbeux aux hampes filiformes,
Mon cœur et mes pensées se mêlent entre-temps.

Silencieusement, d’une oreille discrète,
J’écoute la forêt dont je suis l’invité ;
La Muse me murmure, en sa veine secrète,
Des vers harmonieux pleins de suavité.

Sur le chemin fleuri d’un divin onirisme,
Mon équanimité me dispose au lyrisme
Né de l’amour limpide et du regard flatteur.

Il me plait à entendre au concerto des bois,
Le murmure feutré, euphorique auditeur,
Dont se nourrit ma strophe une nouvelle fois.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.

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CUEILLE LE JOUR

Cueille le jour, ma conscience, et souviens-toi,
Pour que, plus tard, non dans l’oubli de ma mémoire,
Et au désert de mon grand âge il soit courtois
Que j’interroge, en le passé, mes grains d’histoire.

Car le passé répond toujours de l’avenir ;
Rappel d’événements sur les rides de l’âme,
Il élève l’esprit en notre devenir,
Atténue, de la vie, regrets qu’un cœur réclame.

Amour, songe, bonheur, foi d’un humble destin,
Vous qui veillez, madrés, en vos doigts de satin,
Accordez-moi la grâce afin que jamais l’ombre

Ne ternisse les jours de mes preux souvenirs,
Et qu’au flambeau du Temps sur moi le ciel ne sombre,
Quand j’aimerai aux ans mes pensées refleurir.

© SDGL Echos Poétiques. 2005.

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SUPPLIQUE

Le rêve dérobé à la source pérenne
Du fleuve de mon âme et puits d'illusions,
Bouleverse mon cœur, autant qu'il ne comprenne
Qu'une amène apparence altère mes visions.

Où est ma passion, cet élan magnifique,
Mon bel élan de vie, qui me fut censuré ;
L'éphémère bonheur, étincelle mythique,
Devenu un stigmate, un reflet éploré.

Mon existence a tout d'une obsidienne noire,
Volcanique, fragile, implorant ma mémoire,
Pour vaincre dans la foi, non dans l'oubli périr.

Poète, j'entretiens ce mince fil d'Ariane,
Et, semblable à Thésée triomphant de l'arcane,
Dans l'île de Naxos l'exil doit me guérir.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.


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AURORE

Dès le lever du jour, dans les grands champs de neige,
Tous mes sens en éveil à l’éclose beauté,
Ravivent ces pensées d’un plaisir velouté,
D’où le charme bénin m’accorde privilège.

La sonate du vent, qui lèche mon visage,
Chante pour m’émouvoir des refrains éthérés
Qui se perdent au loin en échos pondérés,
Tandis qu’un grand tétras parade au paysage.

Le bonheur souverain, la sublime nature,
Dont mon œil attentif vit l’étrange aventure,
Entretiennent mon cœur d’endémiques saveurs.

Cependant que mes pas, dans le fœhn de l’aurore,
Impriment un sillage échappé de l’ailleurs,
Je m’abandonne et rêve aux grandeurs que j’explore.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.
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PRIÈRE

Dans ma bénignité je cède à la prière,
Au velours des pensées implorant en mon cœur
Ce désir d’exprimer la profonde pudeur,
Ma foi, mon allégeance en Dieu et sa lumière.

Seigneur, votre bonté prodigue en ma mémoire
Cette félicité qui conduit vers la foi ;
Serais-je socinien, impie quelquefois,
Que la raison me prêche à l’acte expiatoire.

L’idéal impalpable à rien qui ne chérisse
Un monde au figuré pour que je le subisse ;
Je sustente mon sang aux sources des valeurs.

Que d’immortalité ma morale s’inspire,
Afin que mon esprit ne côtoie les douleurs :
Ma volonté triomphe, et au divin respire.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.
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AU GRÉ DU TEMPS

Le temps qui nous gouverne et mûrit toute chose,
Délaie nos jugements et décrète l’affront
Superbe, indifférent au poids de notre front
Qu’il courtise et qu’il use en sa gloire…et impose.

Fugitives années, triste métamorphose ;
Épreuves au chevet d’un mal que ne vaincront
Ni la velléité ni rêves qui mourront
Aux rides d’un destin auquel rien ne s’oppose.

Le Temps est mon humeur, j’en fais mon élégance ;
Je n’en crains pas l’effet devant mon impuissance,
Et ne dois surtout pas laisser vieillir ma joie.

Je caresse l’instant, j’en suis l’amant fidèle ;
Poète, je me glisse en un cocon de soie,
Puisque mon âme a goût d’une fleur immortelle.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.

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FRÈRES

Je supporte aisément un tout autre moi-même,
Ressemblant, différent, et je tends à Autrui
Une main, un regard que la bonté construit,
Et qui nimbe mon coeur d'une grâce suprême.

Je voue à l'empathie le prix d'un diadème
Qui coifferait, probant, mon front ainsi instruit
De l'écho du prochain, authentique usufruit
D'une complicité dont l'amour est l'emblème.

Je sème un dévolu au bouquet de mon coeur
Qu'aucune ingratitude, et que nulle rancoeur,
Ne brisent la lumière au soleil du bien-être.

Sur l'océan d'amour qui nimbe galamment
Et rythme le foyer de l'instant qui va naître,
Autrui m'invente à lui, et moi de mêmement.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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COMPLAINTE

Si Dieu me prête vie et m’accorde sa grâce
Sur le chemin fiévreux au piédestal du temps,
Je parcourrai le monde habillé du printemps,
Pour que mes jours ne voient qu’au bonheur que j’embrasse.

Philosophe plénier j’épouse la sagesse,
Et j’ourdis en secret la fable de mes jours,
Afin de distinguer dans mes choix de velours
L’esthétique grandeur dont ma vie se caresse.

Sybarite indécis dans une âme fleurie,
Je porte le flambeau vers cette rêverie
Plus réelle qu’un songe ou qu’un chaste désir.

Dans mon inconscient, qui m’est toujours fidèle,
Il me plait cet instant où mon cœur doit saisir
Tout ce qui de beauté est pensée éternelle.

© SDGL-Echos Poétiques. 2005.
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DIEU SEUL À DÉCIDÉ

J’éponge mon chagrin, les paupières mi-closes ;
En moi ce souvenir, cet amour d’autrefois,
Qui envahit mon cœur, chaque jour, maintes fois,
Dont je voudrai ma vie vêtue d’un lit de roses.

Tu as nourri ma chair d’un brasier éphémère,
Enveloppé mes sens d’exquise affection ;
Le songe m’appartient, baigné d’affliction,
Soulève ma douleur née d’une ivresse amère.

Dieu seul a décidé, au ciel il t’accompagne ;
Drapée de fils de soie, ô ma chère compagne,
De là-haut j’aperçois une larme d’argent

Qui semble s’étirer comme fine dentelle,
Et me dire, tout bas : « sois pour moi indulgent,
Attendu qu’à présent tu me sais immortelle. »

© SDGL-Echos Poétiques. 2005
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RÊVERIE CHAMPÊTRE

Ce matin, au décor d’un tableau de nature
J’ai posé mon regard à l’orée des grands pins,
Tandis qu’en la futaie je surpris deux lapins
Qui, d’une patte agile, écuraient leur fourrure.

Attentif et discret, je ralentis l’allure,
En feutrant mieux mes pas en ces halliers alpins,
Ecachant, malgré moi, quelques rares vulpins
Qu’un échec du destin mutila la parure.

J’observe, magnanime, aux faveurs authentiques
Les peintures fleuries aux saveurs bucoliques,
Dans la félicité que mon être réclame.

J’écoute la dryade inspirant à ma Muse,
Silencieusement, le doux épithalame
Qui marie mon esprit au sous-bois qui s’amuse.

© SDGL-Echos Poétiques. 2005.
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AU JARDIN DE MON CŒUR

Au hasard souverain de mes pas solitaires
J'ai vu couler les jours couronnant le printemps ;
J'ai respiré l'arôme au bienfait persistant
Des beaux lys safranés aux couleurs légendaires.

Sur le ruban moiré des eaux dépositaires
D'une algue saprophyte où la laîche s'étend,
L'onde, soudain, se plisse et frémit profitant
D'une brise éthérée ayant pris ses repaires.

J'entends le chant d'amour au jardin de mon coeur ;
Discret chuchotement dont je suis l'auditeur,
Complice de ma lyre où le bonheur m'escorte.

Et, séduit par l'ivresse et la confession,
Mon âme est vaporeuse en ce lieu qui transporte
Un parfum pénétrant : céleste émotion.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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DÉRÉLICTION

Qu'un rire généreux vienne sucrer mes larmes,
Et sustenter mon coeur dans un regain d'espoir :
M'invite en sa vertu, m'accorde de savoir
Si la mélancolie s'amendera aux charmes

D'un regard implorant, me nantira des armes
Où l'infâme ironie combattue ira choir,
Bannie, comme un nuage, aux aquilons du soir.
Pour l'instant un soupir m'accable de vacarmes...

Clameurs où la révolte, à l'orgueil des douleurs,
Défie au bras de Dieu la cause de mes pleurs,
Pour qu'un rayon d'espoir poudroie ma vie captive.

D'un fugace plaisir, si cela m'est permis,
Je bénirai, alors, mon initiative,
Rire et pleurer de joie : quel charmant compromis !

© SDGL - Échos Poétiques. 2005
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À UNE JEUNE FILLE

Dans la vallée d’orgueil de ta gorge profonde
Ton jeune cœur palpite en tes dix-sept printemps,
Malicieux regard que ce visage inonde
Et séduisant éclat d’un bonheur à plein temps.

Tu respires la joie, captives l’art de plaire,
Sans jouer, pour l’instant, dans la séduction,
Pourtant si spontanée quand ta présence éclaire
Mon être soupirant d’espoir, d’affection.

Je pense avoir déjà gagné ta déférence,
Si tant soit peu mes sens ressentent l’espérance
De signes précurseurs attestant mon désir.

Je te dédie ma flamme, acceptes-en l’offrande
Comme un doux chant d’amour que les mots vont fleurir ;
Vénus en est témoin : que Cupidon m’entende.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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UN INSTANT DE PRINTEMPS

Quand les fruits mûrs luisaient au milieu du feuillage,
Épanouis, gorgés d’un obligeant soleil,
Les grappes de cerises habillées de vermeil
Offraient leur chair friande aux oiseaux de passage.

Près d’un tronc abattu, couvert de lichens gris,
Qui exhale un parfum d’humus à l’odorat,
Une bergeronnette offre son apparat,
Traverse le sentier dont les bois sont fleuris.

Je suis le chef d’orchestre, instrumente en soliste
Un concerto du cœur, conçu à l’improviste :
Les notes flattées jouant d’inspiration.

Le poète est en moi quand ma plume réclame
La lyre et la Muse, en ma jubilation ;
Mon esprit est serein et ma raison s’enflamme.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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LES MOTS SONT DES IDÉES

Je viens quêter les mots promis au sens des choses,
Généreux, incisifs, selon qu’est mon humeur ;
Les flatter par la plume et mes dons de conteur,
Pour les administrer à l’endroit de mes proses.

Les mots sont les clichés ceignant l’âme du monde ;
Leur pouvoir absolu s’exprime par l’esprit,
En germes lumineux auxquels le cœur souscrit
Et en marie la fibre en rêverie profonde.

Grand épicurien, courtisan éphémère,
Serviteur déférent de cet imaginaire
Je me nourris du verbe afin de le fleurir.

Les mots sont mes idées, décorent ma mémoire ;
J’aime à les caresser, maintes fois les chérir ;
Sans eux ma vie n’aurait qu’un profil illusoire.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.

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Date de dernière mise à jour : 2012-06-25 12:38:23

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