Sonnets 3ème partie

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CONFIDENCES

Tes yeux ont cet éclat moiré de l’émeraude ;
De ce joyau je suis l’indubitable écrin,
Afin d’en recueillir, comme en l’alexandrin,
Cette beauté qui rime et au cœur s’accommode.

J’aime à saisir tes mots, musicale romance,
D’où transpire l’odeur née de flammes d’amour ;
Ces mots si généreux, lisses comme velours
Dont s’imprègne à jamais mon âme en confidence.

Fébrile et envoûté, j’exalte mon bien être ;
Tu partages le chant, ce chant qui fait renaître
Le printemps dans mon cœur qu’il me tarde à t’offrir.

Si parfois un tourment affecte mon visage,
Par le soin d’un propos que tu sais ennoblir,
Tu m’offres ce ciel bleu qu’au bonheur on partage.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.

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L'ENFANCE

L’enfance est comme source où l’onde virginale
Qui naît dans le berceau de son fleuve de vie,
Croît sous l’œil du Seigneur où la foi la convie,
Puis chante de ses jours la grâce musicale.

Jeunesse est poésie : innocente spirale
Au parfum éphémère et par le temps ravie ;
Pourquoi faut-il vieillir sans en mander l’envie,
Et voir ternir nos jours comme fane un pétale ?

Dieu nous a accordé, dans sa grande indulgence,
La probité, l’amour, en l’âge d’innocence ;
La candeur de l’esprit, la pureté du cœur.

Mûri par les valeurs et par l’expérience,
Aujourd’hui j’interroge en vain ma conscience :
Ai-je encor le credo…puis-je croire au bonheur ?

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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À LA FRAÎCHEUR DU SOIR, Ô MA MÉMOIRE

À la fraîcheur du soir, chaleur de ma mémoire,
Un souvenir chuchote, étreint, religieux,
Mon âme solitaire. Appel contagieux
Qui ravive un frisson auquel mon cœur se moire.

C'est un langage cher comme aux gains d'un grimoire
Dont s'accordent mes sens, sillons prodigieux,
Où un passé lointain reflue, élogieux,
Au creuset de mon front comme un aide-mémoire...

Attentif à l'écho renseignant ma raison,
Mon corps est alangui, je dis une oraison
Aux images du temps soumises à mon ivresse.

Je n'oppose argument à suave parfum :
Odeur des jours enfuis qui, tels une caresse,
Enfièvre mon esprit d'un bonheur opportun.

© SDGL - Échos Poétiques.2005.
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ORÉADE

Et dans la solitude un refuge, un écho :
Murmure bucolique et sauvage où j'écoute...
La Nature peignée au reflet de mon doute
Me chuchote un refrain : doucereux concerto.

Mon cœur énamouré, sans aucun quiproquo,
S'abandonne, impavide, à l'aria qui froufroute
Au plus profond des bois, et où ma libido
Refoule la névrose et ma pensée envoûte.

Tout près de la Nymphée, j'aperçois la dryade ;
Est-ce une vision ? Ou serait-ce Oréade ?
Un éclair ambigu égare ma raison...

Une flamme pénètre, et la montagne imprègne
De son sceau envoûtant l'irréel horizon,
Sybarite et bénin où mon âme, enfin, baigne.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.

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AUX DÉESSES DE PARQUES

Je suis parnassien, épris de romantisme :
Panthéiste est mon cœur, prophète est mon esprit ;
Si j'admire Musset, Baudelaire s'inscrit
Au logis d'une idée qui se meut au lyrisme.

Je coule dans les mots des gouttes d'un altruisme
Où s'abreuvent mes vers, quand ma plume pétrit,
En la glose mystique, un sonnet qui transcrit
Et exalte au bon goût un ferment d'humanisme.

Orphée revit en moi : j'honore son secret ;
Je transgresse l'édit, je le fais sans regret…
Quand un chant me surprend sur ma lyre à sept cordes.

Le mythe m'appartient : je chante sa ferveur.
Si je séduis les Dieux, en leurs miséricordes,
Aux Déesses de Parques ma rime y est sœur.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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ÉTÉ

Et je parcours l'été comme un esquif gracile
Se laissant dériver au bien-être de l'eau ;
Étoilant l'onde pure et traçant au cordeau
Un sillon argenté qui longtemps se profile.

Je suis le plaisancier au regard juvénile
Qui goûte de l'instant, qui se charme au rondeau
D'une nature en fleur, édénique tableau
Musical de lumière, où la couleur s'exile.

Tel un ange gardien et probe témoin
De l'éclatant miroir dont mon œil a besoin,
Mon désir est vainqueur : ma passion l'épouse ;

Je vis dans l'euphorie du mois de messidor,
Esthète de Phoebus, où ma pensée jalouse
Se pare, fortunée, d'un si joli confort.

© SDGL - Échos Poétiques. 2005.
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QUIÉTUDE

Ce matin j’ai marché au milieu de la lande,
Parmi le romarin et les genets en fleur,
Fleurant l’odeur des champs, la prunelle gourmande,
Surpris en mon chemin par le merle siffleur.

En ce beau jour de mai le soleil, magnanime,
Diffuse ses bienfaits, chante l’odeur du temps,
Répand dans les prairies, de sa chaleur sublime,
L’agrément, l’harmonie que l’on goûte au printemps.

Je cueille dans la sente accorte violette,
Et le bonheur m’habite en tenant la coquette
Dont me parvient, discret, le suave parfum.

Saison riche en couleurs ; quand la brise murmure
Je respire l’air pur, généreux, opportun,
Au breuil silencieux à la verte ramure.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.
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PROMENADE

Quel immense bonheur au sortir du village,
Quand j’emprunte, tout seul, les sentiers forestiers,
Chemins de randonnées parsemés du feuillage
D’abondants résineux y croissant volontiers.

Je m’égare en sous-bois, épris d’indépendance,
Promenant mon regard complice, émerveillé,
Devant tant de splendeurs nées de la concordance
D’un paysage en fleur, richement habillé.

Il me plait à surprendre, au détour de la sente,
La bergeronnette alerte et bien turbulente,
Hochant sa longue queue en terrain découvert.

Plus loin, sur un courçon, me parvient la romance
De quelques rouges-queues en toute vraisemblance
Ignorant mon approche auprès du chêne vert.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.
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PASSIONNÉMENT

Tes longs cheveux bouclant sur tes joues solennelles,
Je lis en tes yeux bleus une interrogation ;
Ce doux regard songeur, inondant tes prunelles,
Où transpire l’amour, qui se pose question.

N’aie de crainte ma mie, ma passion est immense,
Je nourris mes instants de nobles sentiments,
Tu as séduit mon cœur, et ta seule présence
M’enivre de douceur, dissipe mes tourments.

Je fais don de ma muse et d’une ode légère
A tes jeunes printemps, ma belle messagère,
Pour que préserve Dieu le flambeau du bonheur.

Auprès de toi j’aspire à cet état de grâce
Que m’accorde la vie, les élans de ton coeur,
Afin qu’au fil du temps rien en nous ne s’efface.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.
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LES CHEMINS FORESTIERS

J’ai traversé le pont au sortir du village,
D’où partent les chemins en massifs forestiers,
Ces sentiers sinueux laissant en leur sillage
Le vivant souvenir des anciens muletiers.

Je croise l’asphodèle et l’exquise jacinthe,
Le ciste et le genêt qui vont bientôt fleurir,
J’admire les couleurs dont la sylve se teinte,
Et de tant de parfums les senteurs m’envahir.

Du proche buissonneux j’aperçois la fauvette
Qui chante son refrain sur la frêle branchette ;
Que ces instants sont doux sous l’azur printanier.

Mon regard est séduit et mon âme s’éveille
A ce faste étonnant d’un plaisir saisonnier ;
J’en savoure fortune et mon cœur s’ensoleille.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.
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RENAISSANCE

Au printemps les jardins, les vergers, les gazons,
Peignent au fil des jours et aux jeux de lumières,
Un chatoiement de tons où les roses trémières
S'habillent de velours, autour des frondaisons.

Au zéphyr de l'aurore, au temps des couvaisons,
Les oiseaux édifient leurs aires saisonnières,
S'envolent, matinaux, et tout près des chaumières,
Aux vieux arbres fruitiers scrutent les horizons.

Plumage au brun chamois, doré de noir, de rouge,
Quelques chardonnerets, aux gousses de carouge,
Se laissent balancer, ivres de gazouillis.

Les branches des lilas ondulent pour séduire,
Caressées par le vent à l'ombre du taillis :
La nature parade et mon coeur est sourire.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.

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UNE SAISON S'ENFUIT

Nature, prends le deuil des feuilles moribondes !
Une saison s'enfuit au clin d'oeil du soleil ;
Tandis qu'un vent léger, dans le breuil en sommeil,
Caresse, sur les près, les herbes déjà blondes...

Le chant du rossignol égrène les secondes,
Brodant ses gazouillis : ramages à l'éveil
D'un automne naissant, requérant le conseil
Auprès de la dryade accomplissant ses rondes...

L'horizon lumineux, gainé du bel attrait
Qu'enrubannent les rais d'un soleil qui s'extrait,
Divinise le ciel d'un blason qui s'embrase.

Mon regard s'expatrie, religieusement,
Et, tandis que mon coeur s'offre aussi à l'extase,
La complainte du bois solfie l'envoûtement.

© SDGL - Échos Poétriques.2005.

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SOIR D'AUTOMNE

Quand le tapis jauni des fanes s'accumule
En un trésor doré ourlant tout le layon,
Le fœhn, dans la vallée, s'acoquine au rayon
Du soleil fléchissant qu'un massif dissimule.

Aux jardins embellis du proche crépuscule,
Tandis que les couleurs se teintent en vermillon,
Un vol de roitelets se perd au raidillon,
Poursuivant le bosquet qui, sous le vent, ondule.

Le ciel est un écrin, princier, céruléen ;
Les fragrances d'humus du sol pyrénéen
Envahissent le breuil, séduisant le poète.

Fugitive beauté où murmure le chant
D'une Muse égarée, tutélaire et discrète :
Je mêle à mon esprit un cœur de ciel couchant.

© SDGL-Échos poétiques. 2005.

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JE M'ATTARDE…

Aux bassins arborés quand le soleil décline,
Déversant son velours, teinté de nacarat,
Sur la vague d'azur en tenue d'apparat,
Glisse l'aigle royal dont le ciel s'acoquine.

L'orgueil d'un chêne vert que le temps entérine,
Lui confère le lustre, et malgré l'âge ingrat,
L'habille d'un feuillage au charme du contrat
Qui l'enchâsse au limon sustentant sa racine.

Et, sous l'humble lumière où l'horizon s'enfuit,
Tandis que je m'attarde au berceau de la nuit,
Les derniers passereaux s'abritent en la futaie.

À travers l'abondant brome luxuriant
Parvient un chant d'exil échappé de la haie :
La dryade apparaît, je la suis, souriant.

© SDGL-Échos Poétiques. 2005.

 

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Date de dernière mise à jour : 2015-04-17 20:45:31

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