Sonnets 7ème partie

 

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CONCERT DU VENT LÉGER 

Il me plait d'écouter, près de l'ancienne treille,
Le ramage amoureux des beaux chardonnerets,
À l'heure où le ciel pur de printemps s'ensoleille
Aux rimes des couleurs fleurissant les guérets. 

Concert du vent léger qui chante la merveille
Des bruissements furtifs effleurant les murets
De bories, défiant, de grandeur sans pareille,
L'ampleur du paysage aux charmes si discrets.

 Les tons pastellisés d'un mythique pinceau,
Dessinent les contours de l'ondoyant ruisseau,
Comme surgi, divin, d'une aura de lumière.

 Parfum d'héliotrope enveloppant mes sens
Nimbés de cette ivresse amène et familière,
Au tableau de Faunus, fluent des odeurs d'encens. 

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CHANT DE PRINTEMPS 

Printemps, roi des saisons aux parures blandices,
Aux coquets chatoiements angélisant les champs ;
Sous le ciel parfumé les teintes séductrices
e gorgent de soleil, et de mille et un chants.

 Les couronnes de fleurs révèlent les délices
D’aromes délicats, divers et attachants,
Dispersés par la brise, et selon ses caprices,
Pour envoûter l’azur de ses atours touchants.

 L’abondante ramure est un collier divin
Enveloppant la berge où, près d’un vieux moulin,
S’enfonce le torrent dans une valse instable.

 Les yeuses serrées, qui coiffent le cours d’eau,
Entretiennent l’humus d’un soyeux agréable,
Et je m’offre un éden, la nature en cadeau.

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DANS L’AIR TIEDE DU SOIR… 

Dans l’air tiède du soir, après la canicule,
Lorsqu’au déclin du jour les derniers papillons
Dans leur valse éthérée désertent les layons,
Seul le chant des grillons trouble le crépuscule.

 Au rameau de fusain la menue libellule
Paraît s’éterniser quand les derniers rayons
Du soleil fléchissant, aux pastels vermillons,
Se dérobent, discrets : fascinant préambule.

 Tout devient langoureux, suave au ciel léger ;
L’ombre se fait lumière et semble louanger
Au sein du clair-obscur les soupirs de la brise.

 Rythmant le vol feutré d’une effraie au sous-bois,
Le parfum messager de la nuit vaporise
Ses bouquets cristallins que le bien-être accroît.

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A L’AUTEL DE MES SENS 

Dans les bois dépouillés aux frimas de l’automne,
Quand le chagrin du vent murmure sa douleur,
Tout est mélancolie, et la feuille frissonne
A la morsure hostile oxydant sa couleur.

 Sous le ciel nébuleux, où le stratus plafonne,
Quand semble s’endormir la languide rumeur,
La forêt tout entière au regret s’abandonne
En un ultime hommage à la dernière fleur.

 Mon âme et puis mon cœur à ces gouttes d’extase,
En recueillent le rêve et, dans les mots, l’emphase
Qui consigne à mes vers leurs sentiments de foi.

À l’autel de mes sens des fleurs d’amour, ô charme !
Parfument tendrement ce plaisir qui m’échoit,
Et qui, innocemment, me conquiert d’une larme. 

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ORCHESTRATION ROMANTIQUE

Les fleurs d'avril, de mai, dont le printemps se pâme,
Sont chargées de pollens, d'arômes capiteux,
Qui séduisent l'azur quand le soleil s'enflamme,
Et répand dans les prés ses rayons valeureux.

Dans les vapeurs du jour où les fleurs ont une âme,
Et prospèrent en paix au sensuel herbeux,
Tout devient plénitude en ce ciel qui déclame
Sa muette harmonie au gazon velouteux.

J'embrasse du regard cette orchestration
D'immense romantisme et de discrétion,
Où tout est tendre et pur d'une occulte atmosphère.

Les trilles des oiseaux, récital séducteur,
Au jardin de mon coeur chargé de florifère,
Engrangent un bouquet d'amour contemplateur.

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COMME UNE ONDE DE L’ÂME…

J’ai prêté mon oreille à un Divin message,
Pénétré d’équité et de sérénité ;
Un appel de clémence où mon cœur invité,
Ainsi que dans l’Olympe en perçoit le langage.

Des propos liliaux, de foi et de partage,
Dont Dieu seul est la Source et la Félicité,
Qu’un immuable jour luisant de vérité,
Infiltre de sa voix, une voix sans visage.

Je me prosterne et prie au transport de l’esprit,
A la grâce invisible où mon élan s’inscrit,
Dans le cheminement d’une sacre herméneutique.

Seul, mais en compagnie d’un ego transcendant,
J’écoute en probité cette apologétique,
Comme une onde de l’âme au credo ascendant.

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LE VIEIL ÉRABLE

J’ai contemplé souvent, pensif, le vieil érable,
Au feuilles mordorées ombrageant le verger,
Son large tronc noueux qui semble interroger
Les jours et les saisons, au temps, invulnérable.

Ses rameaux s’élevant dans l’âge vénérable,
Tels des doigts gracieux comme pour arpéger ;
Jouer avec le vent, sans paraître y songer,
Un oratorio, concert presque palpable…

Dans l’air tiède, si pur, languide et parfumé,
L’âme et mon cœur unis en écho ont rimé
D’un musical accord, mélopée un peu triste.

Mes regards, doucement, se laissent envoûter
Dans cette congruité de charme idéaliste,
Qu’un pinson par son chant tous mes sens vient flatter.
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LA VITRINE DES MOTS

Le poète sculptant des vers que l’âme éclaire,
Erige au piédestal sa vitrine des mots ;
Architecte du Verbe aux luisances d’émaux,
Qu’en habile artisan il ourle au savoir-faire.

Dans la solennité de son imaginaire,
Son langage se love à des schèmes jumeaux :
« Regards » et « sentiments » sont d’obligés rameaux,
Où s’épure la forme au vers son corollaire.

Car le monde du barde est chant compatissant,
Obscur et lumineux, tourmenté, frémissant,
Où tout a été dit, où tout y est intime.

Et dans l’intensité née de l’émotion,
Sur le dense noyau qu’un quatrain légitime,
Se cheville un symbole, objet de passion.
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ROMANCE HIBERNALE

Dépose en ton écrin cette poudreuse blanche,
Firmament hibernal habillant mes regards,
Qui sur les champs irise en de subtils égards,
L’immaculé manteau où le froid se retranche.

Un grand oiseau de nuit sur l’orpheline branche,
Observe, indifférent, une harde d’isards
Migrant vers l’horizon, aux appuis montagnards,
Et dans le clair matin, marchant l'allure franche.

L’onirisme patent transpire aux sentiments,
Quand le ciel s’angélise à mes raisonnements,
Sous l’aile enveloppant ce préau du silence.

C’est l’heure où la pensée voisine les frissons,
Quand les nymphes bénies ont éteint leurs chansons
Qui, portées par les vents, éloignent leur romance.
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DANS LES OCRES DU SOIR

Les rameaux orphelins enveloppés de brume,
Chargés d’un cotonneux corset immaculé
Dont se vêt la nature, au firmament voilé,
Se parent d’un jabot qui le grand froid exhume.

Dans les ocres du soir, et que l’humus parfume,
La beauté du moment, doux tableau révélé,
Pénètre en solitude au charme dévoilé
D’une exquise agonie où le bois s’accoutume.

Le Séraphin des nuits, au port évanescent,
Veille du firmament, devenu rubescent,
Sur le boqueteau qui de ses ors se dépouille.

Un lourd tapis soyeux s’enivre de langueur
Dans la clarté qui fuit, que la sombreur verrouille,
Coiffant de son manteau l’hiver dans sa rigueur.
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AUX PREMICES DU JOUR

Eole caressait la cime frémissante
Des trembles se dressant, feuillages conquérants,
Tels des hérauts du Temps, l’allure évanescente,
Dont le menu soupir expire aux vents errants.

Au soleil du matin, dans l’ombre finissante,
Quand l’orient carmin, dans les cieux rassurants,
Ensemence au culmen* cette chaleur naissante,
Une couronne d’or s’étend jusqu’aux torrents.

Aux flancs de la forêt dont la verte crinière
Est encor endormie, doucement, la lumière
Accompagne le bois qu’elle vient atourner.**

J’enrichis mes regards sous le chant d’une Lyre,
Surgi de nulle part, et venant fredonner
L’écho de la Nature où mon esprit s’inspire.


* Sommet ; cime d’une montagne.
** Embellir ; orner.
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JUSTE UN PEU DE CALCUL…

Si deux fois quatre : huit, et deux fois trois font six,
Avec quatorze en tout on résout le problème ;
L’offensive prend forme avec les « quatre » en bis ;
Après ce premier « huit » se dessine le schème..

On divise, à propos, programmant la praxis :
Le « six » en deux jumeaux dans un élan suprême,
Procédé qui nous vient de ces beaux temps, jadis,
Mathématiquement conforme à ce système.

Juste un peu de calcul pour soigner la structure,
Et le sonnet prendra satisfaisante allure.
« Quatorze » égale « huit », plus « six » : l’addition

Ne doit jamais souffrir de cette symétrie,
Le système est parfait de disposition,
Ne déroge à la règle ou à l’étourderie.
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SOUS LES BAISERS D’EOLE

Ah ! que n’ai-je chanté sous les baisers d’Éole,
Infusant leur fraîcheur et, tôt, m’enveloppant,
Dont l’enchanteur zéphyr dans la sylve répand
Un souffle de candeur quand la feuille s’envole.

Je chante au rêve pur à l’heure où je m’isole
Au milieu de la flore où l’harmonie s’épand,
Tandis que l’arbre dresse un tronc noueux grimpant
Vers l’azur caressant qui lui sert d’auréole.

Paysage alangui au maintien automnal,
Dont j’arpente, dès l'aube, au chemin vicinal,
Le parcours séduisant sur les cailloux d’albâtre.

J’entends venir du loin la voix d’un carillon,
Quand, soudain, des oiseaux, migrant, viennent s’abattre
Près d’une pièce d’eau, au bord d’un pavillon.
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AUX JARDINS DE PHOEBUS

L'été s'est invité aux écrins de verdure,
Et les fleurs constellant les grands horizons verts,
S'offrent en volupté dans les champs recouverts
De corolles fluant leurs parfums de parure.

En poète j'observe aux accords de peinture,
Les élégants pastels à mes regards offerts,
Tandis que les oiseaux solfient leurs doux concerts,
Comme des vers chantés sans aucune césure.

L'amour et l'harmonie semblent tomber du ciel,
Quand le temps s'énamoure et, providentiel,
Satine ces instants d'un coquet onirisme.

Enveloppé d'extase en mon esprit captif,
Aux jardins de Phoebus je respire au lyrisme,
Et ma pensée m'incite au sonnet créatif.

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DANS LES HEURES DU SOIR

Dans les heures du soir quand l’opaque brouillard
S’abandonne languide aux froideurs hivernales,
Et qu’au manteau neigeux l’horizon montagnard
S’assombrit et se feutre aux couleurs vespérales,

Tout paraît s’endormir sous le ciel savoyard.
Dans l’étendu sous-bois, à quelques intervalles,
Le brame d’un vieux cerf, venant de nulle part,
Résonne et s’amplifie aux nappes glaciales.

Le temps se désagrège en noble solitude ;
Les mélèzes brunis chantent l’infinitude,
Lorsque les ombres bleus habillent la forêt.

Et de nouveau flocons, fines gazes d’albâtre,
Viennent broder l’humus dans un hymen secret,
Où la terre et le ciel se font amphithéâtre.

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À L’OREE DU BOCAGE

 La morsure du froid qui blanchit le gazon
Sous les rythmes feutrés de la sylve endormie,
Tourmente en solitude, attriste la saison,
Prépare la nature à sa stricte alchimie. 

Beauté silencieuse, austère frondaison,
Quand sous le bleu lotus coiffant cette eurythmie,
La forêt s’habillant d’un hibernal blason,
Dédie muette au ciel, sa physionomie.

Et j’arpente, furtif, au sein des rameaux frêles,
La rigide beauté d’harmonies fraternelles,
Etoilant mes regards, mon âme et puis mon cœur. 

Sur la branche ténue à l’orée des bocages,
J’entends le chant plaintif du roitelet charmeur
Qui trille les accords d’euphoniques ramages.

barre-echos-2.pngPRÉMICES D’AUTOMNE

Dans l’air silencieux seul le faible murmure
Du vent léger chargé d’arome et de fraîcheur,
Epand tout son bienfait sur la noble ramure,
Et fait soupirer d’aise un décor de douceur.

Branchages emperlés de rosée pour parure,
À l’autel de la sylve où le charme est berceur,
Dès le lever du jour quand s’offre la peinture
D’un paysage aimable exaltant son ampleur.

Les lueurs apaisées du soleil renaissant
Empourprent l’étendue du gazon languissant
Qui s’éveille aux atours de délicats arômes.

Vision de lumière et de félicité,
Quand la forêt frémit dès les premiers symptômes
Du lent réchauffement des derniers jours d’été.

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Date de dernière mise à jour : 2017-10-28 12:34:38

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