Parodier aux pastiches 1ère partie

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PASTICHE SUR LE SONNET


"ET LE RIRE ET LES PLEURS"
de Pierre MARBEUF

Et le rire et les pleurs ont le coeur en partage,
Et l'on pleure de rire et le rire est dans l'air,
L'on sublime le coeur tout autant qu'on s'y perd,
Car le rire et les pleurs ont la vie pour rivage.

Que celui qui s'effraie ne perde pas courage,
Celui qui apeuré, garde l'oeil entrouvert,
Qu'il ne baisse les bras et ne se sente otage,
Et nourrisse l'espoir, gardant le regard clair.

La cause de nos pleurs a le coeur pour berceau,
Le rire vient sucrer la larme en son sursaut,
Mais rires contre pleurs en oppose les armes.

Si les larmes pouvaient au foyer ombrageux
Consumer chaque pleur en sourire joyeux,
Que j'eusse enseveli mes sanglots pour ces charmes.

 
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PASTICHE SUR LE SONNET


"LES CONQUERANTS"
de José Maria De HEREDIA

COMME UN VOL DE TABLEAUX

Comme un vol de tableaux au moment d’un Salon,
Emportés sans remord par des escrocs notoires,
De Monet, de Gauguin, actes attentatoires,
La perte est très brutale et le geste félon.

Les pillards conquérants leur fabuleux filon,
Mûrissent des projets sans doute aléatoires,
Pour l’écouler dans leurs modes opératoires
Ici ou bien ailleurs avec un même aplomb.

Chaque jour espérant des gains pharaoniques
Près d’amateurs branchés et clients éclectiques,
Enchantés d’acquérir un chef-d’œuvre avéré.

Et penchés, pleins d’espoir, aux toiles immortelles,
Ils méditent, troublés, un butin espéré,
Du fond de leur cellule, images ponctuelles.

 
 
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PASTICHE SUR LE SONNET


"LE FILS DE TITIEN"
d’Alfred De MUSSET

LE FILS D’HERGÉ

Lorsque j’ai lu Tintin étant encor bambin,
Je me suis attaché de suite au personnage ;
J’ai aimé les dessins, j’en ai eu le béguin,
Le langage ingénu s’accordant à l’image.

Milou eut le secret, par rapport à mon âge,
De faire palpiter mon cœur de chérubin,
Et heureux de sourire, en lisant chaque ouvrage,
Du haut de mes dix ans, comme un vrai galopin.

Ô que j’appréciais chaque planche cocasse,
Qu’Hergé écrivait hier et que je n’oublierai ;
Que d’heureux souvenirs aujourd’hui je ressasse.

J’ai toujours en mémoire une pensée vivace,
Et ne puis que louer à l’auteur ce portrait
D’inventeur dont j’envie le talent et l’audace.
 
 
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PASTICHE SUR LE SONNET


"RECUEILLEMENT"
de BAUDELAIRE

LE MAL DE DENT

Calme-toi ma douleur, que je sois plus tranquille ;
Une rage de dent m'accapare et voici
L'élancement durable, agaçant et hostile,
Qui porte sur mes nerfs, bien qu'étant endurci.

Durant de longs moments ce tracas m'horripile
Sous l'arrogant régal du mal qui, sans merci,
S'arroge un si grand droit en m'échauffant la bile :
Canine lâche-moi, tu peux le faire aussi...

Que se penchent enfin, éloignant ces épreuves,
Les mains au grand doigté, témoins de maintes preuves,
De mon dentiste ôtant le chicot, confiant.

Mon grand mal moribond soulage mon algie,
Et d'un "enchantement" combien gratifiant,
Mon arracheur de dent a ma bouche assagie.

 
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PASTICHE SUR LE SONNET


« SONNET AU LECTEUR »
de Alfred de MUSSET

SONNET A MA MUSE

Jusqu’à ce jour ma Muse a le sens du partage,
Je lui dis grand merci car j’en tire avantage,
Ma poésie, j’avoue, s’y fie aveuglément,
En vérité s’exprime au plus vif engouement.

Tout s’enchaîne à merveille et j’en fais bon usage ;
Vers, rimes et quatrains toujours écrits gaiement ;
Clio et Polymnie rient à mon badinage,
Alphonse Allais me loue de l’humour, forcément.

Au rire je m’adonne, il a tout pour me plaire ;
Mon meilleur allié, le seul que je tolère
Être soir et matin, sans fin, son prête-nom.

Je désire égayer, railler : qu’on puisse dire
Si, par hasard, deux mots servent à me décrire :
André fut-il cocasse, il en a le renom !
 
 
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PASTICHE SUR LE SONNET


« IL N’EST RIEN DE SI BEAU »
de François de MALHERBE

IL N’EST RIEN D’AUSSI BON

Il n’est rien d’aussi bon et de couleur si belle
Que l’œuvre du raisin dont on loue le grand vin ;
C’est une œuvre de Dieu, raffinement divin,
Qui élève au renom le trésor qu’il recèle.

Le teint et son odeur, dès l’instant qu’il révèle
Un très plaisant parfum, enivrant, nous convainc
De sa vertu en bouche, et, sans être chauvin,
Qu’au grand art de la vigne, il se boit avec zèle.

Sa pourpre est rutilante et remplit les regards ;
Il séduit par sa robe, il a tous nos égards ;
Nous transporte au pays du miracle visible.

En cette infinité de bouquets généreux,
La raison se fait grâce, et le palais sensible
Au jugement du goût qu’on savoure, amoureux.
 
 
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PASTICHE sur « LE SONNET » de Théophile GAUTIER

LA POÉSIE

Les vers classiques sont ces mètres réguliers
Habillés par les sons, chevillés par les rimes,
Marchant d’un pas égal aux accents magnanimes,
Qui veillent, bien-pensants, aux codes familiers.

Comme une belle dame aux dons particuliers,
Capuchonnée de grâce et de vertus sublimes,
Qui nous laisse entrevoir ses talents légitimes,
Sereine et prévenante aux mots hospitaliers.

Sur le vélin d’albâtre elle guette, attentive,
Pour que l’alexandrin vaporeux au propos,
Royalement s’affirme en sa forme intuitive.

Là, dévoilant enfin sa cause créative,
La Déesse de l’Art y signe son dépôt,
Dont le mètre galant trouve enfin le repos.
 
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PASTICHE SUR LE SONNET

« MON ÂME IL FAUT PARTIR… »
de François MAYNARD

MON ÂGE IL FAUT MENTIR…

Mon âge il faut mentir. Ma forme est cuirassée,
Mon cœur, au fil des jours, brûle comme un tison ;
Ne craint morosité. Quoi ! bien chère pensée,
Rester jeune d’esprit est sans comparaison.

Mes forces préservées sont mes vertus bénites ;
Aucun calice n’est venu troubler ce bien ;
Mais je veille à ne pas dépasser les limites,
Confiant et serein, grand épicurien.

Mon âge, apprécie donc mon ardeur, ma faconde,
Et goûte à l’euphorie secrète et vagabonde
Qui au coureur des mots procure tant d’émois.

Que tu sauras combien l’énergie me convie,
Sans soupirer d’ennui, l’expression ravie,
Dans l’étendue meublant chaque jour de mes mois.

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PASTICHE SUR« LAS, OU EST MAINTENANT CE MEPRIS DE FORTUNE ? »
Sonnet de Joachim Du BELLAY

INTERROGATION

Las, où vais-je accorder ce bel élan de plume ?
Où vais-je enfin trouver au plaisir médité,
D’exaucer ce désir de l’authenticité,
Dont ma flamme a l’accent d’une ardeur qui s’allume ?

Où sont ces éléments dont mon cœur se parfume ?
Clio, je te supplie, rends-moi l’alacrité,
Pour qu’au-dessus de moi, au rivage enchanté,
Mes vers puissent chanter comme il est de coutume.

Aujourd’hui, ô ma Muse, accorte, assiste-moi,
Afin que mes pensées bousculées par l’émoi
Et par l’incertitude, où mes concepts s’enfuient,

Retrouvent l’embellie. Chasse de mon souci
L’interrogation qui me hante, elle aussi,
Et qu’enfin délivré, plus d’épreuves m’ennuient.
 
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VÉNÉRATION

PASTICHE SUR LE SONNET "JE VIS, JE MEURS"
de Louise LABÉ

JE VAIS, JE VIENS…

Je vais, je viens, et jamais ne larmoie,
J'ai feu suprême, enclin par ma nature
De cette vie, à priser l'aventure :
J'ai soif de tout, j'y associe ma joie.

Soudain j'épouffe, et rire me foudroie ;
Plaisir d'être, en toute désinvolture,
À ce grand bien qui me sied de facture,
Et, tout à coup, en lui je me fourvoie.

Ainsi sans crainte, optimisme me mène,
Et quand la joie m'accorde sa faveur,
Sans outrance, me sens d'une humeur saine.

Aucun doute demeure, et quelle aubaine
D'être au sommet d'un transport salvateur !
Il m'investit, et chante dans mon coeur.

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PASTICHE SUR « SUR LA MORT DE MARIE »
de RONSARD

SUR LES CHARMES DE ROSE

Comme on voit le dimanche, à chaque messe Rose,
Belle enfant aux contours la mettant en valeur,
À rendre un mort jaloux devant tant de splendeur,
Quand tout regard galant sur elle se dépose.

Imprégnant la chapelle au parfum qu’elle expose,
Dont le fumet répand une enivrante odeur,
Mais distrait les brebis qui montrent plus d’ardeur,
D’attirance à souhait tant sa splendeur explose.

Ainsi, dans la ferveur et dans la densité,
Quand l’œil souvent distrait fait face à la beauté,
Dans l’invocation changent aussi les causes.

La prière n’a plus tout à fait ses valeurs,
Quand la foi divisée à l’intérêt ailleurs,
Et que les pratiquants bénissent d’autres choses…

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PASTICHE sur le sonnet «LA PIPE »
De SAINT-AMANT

BONHEUR PIPÉ

Assis et courbatu, beaujolais à la main,
Frileusement collé près de la cheminée,
Les membres engourdis, la paupière cernée,
Il déguste son vin d’un leste tournemain.

Requinqué aussitôt, le regard plus humain,
Pour ne perdre de temps, la gorge taquinée,
Il remet un canon la mine illuminée,
Le regard remonté, le masque un peu carmin.

Mais à peine a-t-il bu ce vin qu’il fait descendre
Aussi rapidement que cela peut surprendre,
Il passe son chagrin, de plaisir salivant.


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Date de dernière mise à jour : 2014-09-07 11:40:12

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