Poésies classiques 2ème partie

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LA DORDOGNE

Citadin, curieux du plaisir oculaire,
Je viens goûter les tons des cours d’eau, des bosquets ;
Splendeurs de l’imprévu grisant l’itinéraire
Où s’en vont les pensées vers des parcours coquets.

Mais il me plait aussi, au centre de Sarlat,
Là où la vieille ville aux rues chargées d’histoire
Se décline aux splendeurs, et se pare d’éclat
Aux murs moyenâgeux, convier ma mémoire.

Patrie d’un grand poète en de La Boétie,
Dont la demeure arbore un lustre d’Art au Temps,
Et dont l’architecture, exquise, s’apprécie,
Vestige saisissant, au fronton envoûtant.

Terrasses ombragées, combes brodées de prés,
Sentes entrecoupées d’abondantes hêtraies,
Et sous-bois tapissés de fragons diaprés,
Le paysage est peint en nuances feutrées.

Châteaux de Castelnaud, de Losse, de Commarque,
De Bourdeilles, Biron, et bien d’autres encor ;
Forteresses aux toits en lauze qu’on remarque,
Flanquées de hautes tours, caressant le décor.

Aux chemins gazonnés, prairies, bois et étangs,
Se marient aux coteaux charpentés de calcaire,
Où l’eau y a moulé des ourlets exaltants,
Témoins perpétuels de l’ère tertiaire.

Grottes, gouffres, avens, rivières souterraines,
Galeries, draperies parsemées de cristaux,
En Périgord, sculptées, les fresques souveraines,
Offrent cette alchimie des mondes abyssaux.

Parcs de la préhistoire et d’archéologie :
Outils d’os, de silex, où nous lointains aïeux,
Aux temps solutréens ont laissé leur magie,
La méditation fait place au merveilleux.

La Vénus de Sireuil et celle de Tursac,
Près du Roc de Cazelle en sont le témoignage ;
En vallée de Vézère, et d’adret à l’ubac,
J’ai vécu, transporté, l’heureux pèlerinage.


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PÉRIGORD NOIR

L’envoûtant se dévoile en le Périgord noir,
Dont Sarlat, le joyau, ville d’Art et d’Histoire,
Revêt tout son relief, son folklore notoire,
Des vergers d’Éyrignac à Lascaux, son miroir.

La grotte du Grand roc – abri préhistorique -,
Paraît y défier les onguents du passé,
Tandis que ses châteaux déclinent l’authentique,
Vigies d’un Moyen-Âge au charisme exercé.

Les Jardins suspendus qui jouxtent Marqueyssac,
Pénétrés de soleil, de sons et de lumière,
Comme les environs, et jusqu’à Salignac,
Semblent estampillés d’une faveur princière.

Au pays des forêts et des grandes bastides,
Les villages de pierre à fleur des grands cours d’eau,
Offrent aux visiteurs ses parcs secrets, splendides,
Que franchit la Dordogne, glorieuse en cadeau.


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VÉNUSTÉ

Le murmure de l’eau, paradis séculaire,
S’infiltrant aux jardins constellés de parfums,
Enflamme tous mes sens qui ont l’heur de me plaire,
Quand, près du buffet d’eau, j’en essuie les embruns.

Le poudrin délicat courtise mon visage,
Comme épanchant vers moi sa générosité ;
Je m’attarde à dessein devant le paysage :
Nature ! je m’émeus dans la placidité.

Sur l’océan d’amour, en offrande première,
Caressé de soleil, mon cœur se gorge d’or
Quand j’observe, à la haie, une rose trémière,
Tandis que les oiseaux trillent aux boutons-d’or.

Que de matins mes yeux ont goûté au délice
De ce havre de paix aux sentiers arborés,
Dans la suavité de mon ego complice,
Épousant les atours sans doute exagérés.

Mais cette promenade, où le bonheur abonde,
Comme une main tendue, m’invite, en grand secret,
À l’environnement familier qui me sonde,
Et devine, en mon front, un allié discret.


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REGARDS…

Dans le gémissement de l’aquilon qui passe,
Endeuillant la ramée au feuillage jauni,
L’automne souffle un vent comme la dédicace
Griffant le paysage en l’instant démuni.

Immense cicatrice imprimant son entaille,
Le bois persécuté, lacéré au frimas,
Essuie comme un baiser perfide qui l’entaille,
La rigueur qui s’impose au rythme du climat.

Les brises chanteront dolentes mélopées,
Comme un écho de lyre au bosquet qui gémit ;
Se faufilant, sans trêve, aux cimes escarpées
Qui s’offrent aux couloirs du rustique endormi…

Le ciel devient sublime et peint au crépuscule,
Un sillage éclatant nimbé de gaze d’or ;
Murmures et frissons, en leur conciliabule,
Se marient au hallier qui, prosterné, s’endort.

L’angélus, longuement, tinte en la solitude,
Pieusement berçant mes songes congruents ;
La nuit est pastorale, invite à la quiétude :
Et mon regard d’amour a les yeux courtisans.


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LA MAIN DU POÈTE

Quand le mot vient du coeur, la rime en est légère,
Et moissonne le vers dans un champ de quatrains,
Labourés par la grâce, en douceur printanière,
Pour récolter le fruit, chargé d'alexandrins.

Donner au Verbe une âme, au son la mélodie,
C'est peindre en poésie, c'est colorer les jours,
De fils d'or et d'argent que la vie irradie,
Dans un élan d'esprit aux tropes de velours.

Au rythme impérieux de l'idée, de la forme,
Naissent les sentiments les plus fondamentaux,
Guidés par une main que le cerveau informe,
Exquise émotion, ourlée de fins cristaux.
Philosopher en vers, ou n'être que poète,
Dans l'incantation des plaisirs affectifs
En quête de beauté, l'affinité complète
Aux habits musicaux nos mètres intuitifs.


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LE VISAGE POÉTIQUE

Le poète, en sa plume, a la riche licence
D’exploiter au français des codes enrichis,
Dont la forme répond à sa seule exigence,
Les aspects de ses mots pouvant être infléchis.

Laissons à nos écrits toute la latitude
D’exprimer cette envie qu’en échappant aux mots,
L’esprit nous donne accès, dans la sollicitude,
À quelques heureux vers nés de nos jeux floraux.

La liberté du verbe est licence des règles
Quand l’initiative y trouve l’attribut ;
Et, de ce privilège aux structures espiègles,
Naissent des mètres gais, mais jamais un rébus.

Ne soyons pointilleux que pour la poétique ;
Donnons dans le principe aussi pour nous moquer,
Sans trop exagérer, et, dans la rhétorique,
Restons dans le discours, sans trop alambiquer.

Nos rêves, nos idées, l’harmonie de la rime,
Doivent nous diriger au divertissement ;
Soyons spirituels pour que l’esprit imprime
L’Art, l’émotion, dans le verbe charmant.

Ne cherchons pas, amis, l’apparence impossible,
Ou bien l’acrobatie, mais la simplicité :
La rime est tout le vers : qu’elle soit accessible,
Pour sculpter le plaisir en tout humilité.


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TOUT PRÈS DU BORD DE MER.

Aux portes de la nuit brillent les sémaphores
Entourés par les flots et caprice des vents,
Dans les eaux profondes gisent quelques amphores
Témoins intemporels et toujours survivants.

Éblouissants esquifs emportés sur les vagues
Quelques voiliers encor se dirigent au port,
Et poussés par la brise on les voit qui zigzaguent
Formant à l’horizon un bien joli décor.

Dans le ciel se profile un noble goéland ;
La lune resplendit, se reflète dans l’onde ;
L’étoile du berger brille en arrière plan,
Tel un œil bienveillant, observant le bas monde.

Tout près du bord de mer où expire la houle,
Le clapotis de l’eau devient un bruit discret,
Son écho familier vers le large refoule
Une vague légère emportée en secret.


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LE VOYAGEUR DU TEMPS.

À l'horloge du Temps, contre les ans qui passent,
J'ai donné rendez-vous au futur antérieur ;
J'aurai pris de la vie les souvenirs fugaces,
Conjuguant ces moments au présent : relayeur.

Voyager dans le temps ? Obscur trait d’union :
À une extrémité on rejoint la mémoire,
Au côté opposé : l'interrogation...
Entre les deux, pourtant, laquelle il vaut mieux croire ?

Souvent se télescope, en mon entendement,
Cette pensée chargée, rare et subliminaire,
Quand je parcours le Temps, en devient son amant,
De savoir si le charme est mon imaginaire,

Ou si l'imaginé appartient au réel ?...
Je chevauche les ans, j'explore un peu l'Histoire,
Touchant l'immatériel qui n'est jamais cruel ;
Mon esprit apaisé repère un exutoire.

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LE PAYS TOY

La vallée de Héas, ses cirques, ses canyons,
Nés des anciens glaciers, plusieurs fois millénaires,
Éveillent mes regards dès les premiers rayons
Du soleil généreux que les cimes vénèrent.

Les pics de la Munia, du Gerbats, de Troumouse,
Crénellent l'horizon de couloirs escarpés,
Dont traversent souvent dans le ciel, leur pelouse,
Vautours fauves, chocards aux nuées, échappés.

Parmi le chardon bleu et le rhododendron,
Plus bas, où les troupeaux fréquentent la pelouse,
Je note la présence, et je penche mon front,
Quand surgit à mes pas le nard que l'oeil épouse.
J'enveloppe mes sens à la splendeur du site,
Mesurant la grandeur des plateaux fascinants ;
Je me laisse guider, et mon coeur plébiscite
En mon vaste trajet, ces hauts-lieux avenants.


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HIVERNALE

Les sommets s’érigent en vastes solitudes,
Visages naturels de longs plateaux déserts,
Et de monts acérés qui flirtent en altitude
Avec les grands glaciers sous un climat d’hiver.

Nuages clairsemés, colorés par l’aurore,
S’essaimant dans les airs, dispersés par les vents,
Venant se déchirer en nappes que déflore
Des pitons conquérants vers les cieux s’élevant.

Quelques flocons, déjà, habillent les hauteurs
D’un pudique manteau qui s’étire, fragile,
Sur la barre rocheuse, et devient le vecteur,
De fière Dame Blanche en ce milieu hostile.

La nature engourdie, est proche du sommeil,
Envahie peu à peu d’une extrême torpeur,
Où sous un ciel très bas, appauvri de soleil,
Se profile un chamois, émérite grimpeur.


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SOUVENIR D'AMOUR

Ta paupière cilla, refoulant une larme,
En ce cœur galant chargé par l’émotion,
Mais ton visage autant en exprime le charme
Pudique au chagrin et en la discrétion.

Aux chemins du hasard nos pas se sont croisés,
Nous avons partagé une courte période,
Où les chants de l’amour avaient poétisé
Ces instants de bonheur : d’une vie l’épisode.

Nos pensées garderont souvenir et tristesse,
Béniront ces instants ô ! combien séduisants ;
J’étais ton paladin, tu étais ma comtesse ;
Nos passions, nos plaisirs étaient sécurisants.

Vint un jour où pourtant tu mis fin à ce rêve,
Tu devais repartir en ton pays lointain ;
Dieu que cette affection eut l’existence brève ;
Que je pose un baiser sur ta joue de satin.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.


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AUX PARFUMS D'AUTREFOIS

Que j’aime parcourir ces tortueux sentiers,
Rejoignant des hameaux aux parfums de Provence,
Bordés aux bas-côtés de nombreux églantiers,
Où la vigne s’étend, prospère en abondance.

Le chant du rossignol agrémente mes pas ;
J’aperçois dans les haies des couples de fauvettes,
Tandis que le soleil éclaire les lilas,
Irise quelques plants de menues violettes.

Je marche émerveillé, le regard attentif,
Et m’intéresse à tout du plaisant paysage,
En prise l’esthétique et suis très réceptif
À son charme enivrant, sa nature sauvage.

J’inspire ma mémoire aux odeurs d’autrefois,
Tandis que le chemin derrière moi s’étire,
Et me rappelle alors que je venais, parfois,
Y écrire des vers à l’abri de ma lyre.

© SDGL- Echos Poétiques. 2005.


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CONFIDENCES

Que ton charme mutin, ta voix douce et ta grâce
Filtrent en mon cœur le parfum des passions ;
Me procurent l’ivresse et m’accordent l’audace
De fins mots d’amour, pétris d’appréhensions.

Mon regard se nourrit de ta jeune innocence
Et s’enflamme mon âme à tes beaux yeux de jais ;
J’aimerais t’avouer, dans une confidence,
Le fruit de mes désirs que pour l’instant je tais.

Sous cette allée de pins, dans notre promenade,
Nous devisons de tout et de rien à la fois,
Dirigeant nos lents pas près de cette esplanade
Où nous venons marcher, nous détendre, parfois.

Le merle dans les bois nous chante sa romance,
Suivant notre parcours, écoutant notre voix ;
Ayant peut-être aussi en lui la souvenance
De nous y voir souvent, près de la vieille croix.

Sur un vieux tronc moussu, nous faisons une pause ;
Sans doute attends-tu en ma déclaration :
J’ai justement choisi, en tout état de cause,
De rompre en ce jour avec ma discrétion.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.


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PENSÉES D'AUTOMNE

J’embrasse du regard les couleurs de l’automne,
Déclin d’une saison que les premiers frimas
Sur les feuilles jaunies à l’aspect monotone,
Impriment de leur sceau : dommageable climat.

Le sous-bois s’éclaircit et de sa frondaison
Ne subsiste que peu ce qu’elle fut naguère,
Tandis que le vent chante aux rameaux l’oraison
Qui émeut la nature : émouvante prière.

Comme une poésie aux douces consonances
Rime un décor en deuil, prémices de l’hiver,
Où la végétation au temps, aux outrances,
Murmure son refrain comme on transcrit des vers.

Mon être s’habitue, malgré le vague à l’âme ;
La désolation à l’orée des coteaux…
J’en suis attristé, mon attention se pâme
Quand le soleil se fond sur les plus hauts plateaux.

Ce spectacle étonnant tempère ma tristesse,
Ravive mon ardeur, éponge mon chagrin,
Car je sais bien qu’un jour à nouveau l’allégresse
Du printemps reviendra comme arrive un refrain.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.


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PERCEPTION

Mon cœur est violon au logis de mon âme,
Dont s'accorde une valse aux langueurs de velours ;
Une harmonie légère, un refrain qui enflamme
Mon oreille esthétique au regard de l'amour.

Au monument des sons la musique m'enfièvre,
Et rejoint l'horizon de mes rêves secrets,
Comme s'épanouit une pièce d'orfèvre
Ciselée par des doigts inspirés mais discrets.

Je grave en ma mémoire ineffable et offerte
L'euphonie des accords venus de nulle part,
Enveloppant mes sens à la porte entrouverte,
Au seuil de mon jardin cueillant leur faire part.

Ce chant sacré, reflet d'un écho romantique,
Qui prête à mes désirs quelques rêves d'espoir,
Souffle un rayon de joie, un instant authentique,
Au vallon de mes jours qui ne sont qu'un miroir.

Ô douceur de l'extase, à mes parvis d'albâtre
Fragiles, incertains, ton silence enchanteur
Environne mon cœur qui devient le théâtre
D'un spectacle divin, éphémère et trompeur ;

Ironie de mes songes, candides pensées,
Calice doux-amer de nectar et de fiel,
Témoignage de foi et de larmes versées,
Paradoxe où j'expie, priant Dieu et le ciel...

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.

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Date de dernière mise à jour : 2012-06-25 12:34:34

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